Gard : Colère d'arboriculteurs contre l'INRA et le virus de la « sharka »

Une trentaine d'arboriculteurs du Gard et de la Drôme occupaient lundi soir le site de l'INRA de Bellegarde (Gard), pour exiger une table ronde sur la sharka, un virus étudié par l'INRA mais qui s'est «échappé» et a contaminé, selon les arboriculteurs, des exploitations de ces départements.

Cette action, annoncée par la FDSEA du Gard et confirmée par le responsable du site gardois de l'Institut National de Recherche Agronomique (INRA), intervient trois jours après l'intervention d'un huissier dans une exploitation du Gard, le château de Campuget.

Ce domaine avait été contraint d'abattre ses 45 hectares d'arbres fruitiers, seule façon de lutter contre la sharka. Il s'était vu octroyer par la justice une indemnisation de 400.000 euros, confirmée en appel, a raconté le responsable arboriculture de la FDSEA du Gard, Laurent Ducurtil.

Mais le Conseil d'Etat a cassé cette décision l'an dernier. C'est pour tenter de récupérer cette indemnisation que l'INRA a dépêché au château de Campuget un huissier, empêché par des arboriculteurs de saisir le stock de vin du domaine.

La sharka est un virus « qui vient de Grèce et des pays de l'Est », et qui touche les pêchers, les abricotiers et les pruniers, a expliqué M. Ducurtil. Si le fruit reste comestible, il est rendu impropre à la commercialisation du fait des déformations qu'il subit.

Etudié dans les centres de l'INRA, le virus s'en est « échappé » et a contaminé de nombreuses exploitations, a affirmé le syndicaliste, selon lequel « il y a 150 procès dans le Gard et la Drôme contre l'INRA». Lundi soir, « on a demandé l'organisation d'une table ronde » sur le virus « au directeur national de l'INRA. On attend sa réponse », a déclaré M. Ducurtil, qui demande aussi l'arrêt des interventions des huissiers.

La FDSEA réclame notamment que soit abordée la question de l'indemnisation des exploitants obligés d'abattre leurs arbres, qui est passée, selon M. Ducurtil de 20.000 et 30.000 euros par hectare dans les années 1990, à 5.000 euros.

Source AFP

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