Gérer ses lisiers en les valorisant sur blé, c’est possible !

CA 53 Chambre agriculture

Gérer ses lisiers en les valorisant sur blé, c’est possible !

Face aux exigences réglementaires toujours plus fortes, mais aussi face au prix toujours plus élevé des engrais, la valorisation des lisiers de porcs sur blé est une piste encore peu explorée. En effet, selon notre dernière étude de groupe « plans de fumure », moins de 3 % de l’azote organique (maîtrisable) sont valorisés sur blé. Reconnaissons que ce type d’apports nécessite davantage de technicité et l’utilisation de matériels adaptés.

Epandage de lisier : s’adapter aux nouvelles exigences

Une demi-journée d’information organisée le mardi 26 mars à 14h00 à La Bazouge de Chemeré. Au programme : ateliers, présentation de matériels et témoignages.

Privilégier les produits à effet azote rapide

Seuls les produits à effets rapides caractérisés par un "effet direct" important pourront être valorisés sur céréales. "L'effet direct" dépend de la composition des lisiers, de la culture réceptrice, de la période et du mode d’épandage ou encore du contexte pédo-climatique.…

Connaître la valeur de son produit

Connaître la teneur en azote du lisier permet d’une part de mieux appréhender la variabilité des produits, particulièrement importante en lisier  et d’autre part d’améliorer leur valorisation en épandant « la bonne dose au bon moment ».

Approcher au plus juste les besoins de la culture et la dose à apporter

La dose d’azote à apporter doit être calculée par la méthode des bilans en tenant compte des besoins de la culture et des fournitures du sol (reliquat sortie hiver, arrières effets des apports organiques, minéralisation du sol…). Ensuite, il est nécessaire de travailler sur la répartition. Le blé exprime des besoins entre le tallage et l’épiaison avec un « pic » au stade « épis 1 cm ». Il faut donc lui apporter  de l’azote « disponible » durant cette période.

Pour pallier aux difficultés des apports organiques qui nécessitent de réunir au même moment : disponibilité du matériel, portance des sols, conditions climatiques limitant la volatilisation, on peut réguler et corriger les apports avec le complément minéral…

Pour l’apport organique, on visera préférentiellement le stade « épis 1 cm », mais en mettant la priorité sur les conditions climatiques adéquates plutôt que sur le stade. La plage d’apport peut donc s’étendre de début février à fin mars selon la portance et le stade de la culture. En alternant avec le complément minéral, on assure une alimentation satisfaisante de la culture.

Les essais conduits par la Chambre d’agriculture pendant plus de 6 ans de 2003 à 2008, montrent que la fertilisation azotée des céréales est assez souple, tant sur la dose que sur la répartition.

C’est notamment ce qui nous permet aujourd’hui de dire que les lisiers peuvent être positionnés sur une plage assez large et que la variabilité de leur efficacité n’est pas forcément préjudiciable en terme de rendement économique.*

En ce qui concerne les lisiers, de nombreux travaux ont montré que le coefficient d’efficacité peut être variable d’une année à l’autre et d’une parcelle à l’autre. 30 à 60 % de l’azote total du lisier est disponible pour la culture. Avec du lisier, il faut donc savoir s’offrir un peu de souplesse !

*Rendement économique : rendement brut – coût des engrais et des passages

Sylvain Le Graët - 02 43 67 38 52

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