Gestion du risque, mode d’emploi

Conseil National CERFRANCE PILIPENKO

Gestion du risque, mode d’emploi

Bien évidemment, une vie d’entrepreneur est remplie de risques. Pour autant, de même que vous managez votre stratégie et vos employés, vous pouvez anticiper, piloter, maîtriser, bref, manager le risque dans votre activité. Entretien avec Thierry Chastan, directeur marketing, développement durable et innovation de CERFRANCE Eure.

Pour commencer notre entretien, qu’est-ce qu’un risque ?

Thierry Chastan : Tout le monde comprend la signification du mot “risque”. En revanche, la définition formelle est plus compliquée car elle fait appel aux notions de valeurs, de menace et de vulnérabilité.

Les valeurs sont les composantes de l’entreprise pouvant subir une baisse de valeur : processus, activités, personnel, site, installations, matériels, informatique, réputation, image, marque, etc. Exemple : la chute de ma production.

Les menaces sont les événements qui peuvent causer un dommage à ces valeurs. Exemple : un incendie de mon atelier fera chuter ma production.

La vulnérabilité est ma fragilité en cas de menaces. Exemple : mon atelier ne dispose pas de système anti-incendie, la perte de production pourra donc être totale. Le risque est en fait la conjonction de ces éléments : une menace susceptible de faire subir un dommage à un actif vulnérable.

Exemple : un de mes risques est la perte totale de ma production suite à un incendie de mon atelier qui ne possède pas de système anti-incendie.

En quoi consiste concrètement le management des risques ?

En reprenant notre définition des risques, la gestion des risques suppose d’analyser les menaces et la vulnérabilité de mon entreprise pour réduire les pertes potentielles. Une démarche possible consiste à aborder les six grands domaines de l’entreprise (entreprise et dirigeant, économie et finances, activité et production, social, juridique, environnement) au travers de questions portant chacune sur une famille de risques. Par exemple, en économie et finances, la question “la défaillance d’un client de l’entreprise aurait-elle des conséquences importantes ?” sera centrale pour un métallier dont 80 % du chiffre d’affaires est réalisé avec Renault. La disparition de l’usine locale du constructeur automobile pourrait en effet avoir des conséquences dramatiques. À l’inverse, un magasin de prêt-à-porter sera peu sensible à la perte d’un client.

Comment peut-on “traiter” un risque ?

Quatre modes de traitement des risques sont théoriquement possibles :

• Éviter le risque par des évolutions structurelles. Par exemple, supprimer un risque juridique par le choix de nouveaux statuts.

• Réduire le risque par des évolutions organisationnelles. Par exemple, en faisant appel à plusieurs fournisseurs, on réduit le risque d’approvisionnement.

• Transférer ou partager le risque. Par exemple, en s’assurant contre le risque climatique.

• Et enfin, accepter le risque, comme étant inhérent à l’activité. Dans la réalité, le dirigeant utilise et combine l’ensemble de ces solutions…

Quel plan d’actions peut-on mettre en place pour suivre le traitement du risque ?

Pour les risques nécessitant d’être traités en priorité :

• Établir un tableau de bord : en indiquant pour chaque action à mener qui en est responsable et à quelle date elle doit être réalisée.

• À l’échéance retenue, prévoir un rappel pour éviter que les bonnes intentions ne se perdent en chemin ! Il peut s’agir d’un rappel de tâche dans son logiciel de courrier, ou bien, en accord avec son conseiller, d’un mail de ce dernier.

• Lors de la réalisation des actions prévues, actualiser le tableau de bord, par exemple avec un système de feux verts qui remplacent les feux oranges ou les feux rouges.

Le suivi de la gestion des risques peut devenir le fil rouge des rencontres entre le chef d’entreprise et son conseiller car la gestion des risques et l’amélioration de la qualité sont des processus continus.

À qui s’adresse le management des risques ?

À tous les chefs d’entreprise car, quelles que soient les différences de caractère, de métier ou de situation, leur point commun réside dans la volonté de pérenniser leur entreprise, leur revenu ou son patrimoine. L’entreprise en croisière sans projets “risqués” y verra l’avantage de sécuriser les acquis, et l’entreprise déployant des projets importants celui de construire sur des fondations sécurisées. Il existe bien d’autres méthodes de sécurisation telles les démarches qualité de type Iso 9001, mais elles sont souvent beaucoup plus lourdes à mettre en place dans de petites entreprises.

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