Gestion économe de l’espace : concertation indispensable

Guillaume de Werbier

Signature de la charte le 13 février dernier par Yves Métaireau, président de l'Association des maires de Loire-Atlantique, Jacques Lemaitre, président de la chambre d’agriculture, Jean Daubigny, préfet de Loire-Atlantique, et Philippe Grosvalet, président du conseil général.
Signature de la charte le 13 février dernier par Yves Métaireau, président de l'Association des maires de Loire-Atlantique, Jacques Lemaitre, président de la chambre d’agriculture, Jean Daubigny, préfet de Loire-Atlantique, et Philippe Grosvalet, président du conseil général.

 La chambre d’agriculture, avec l’État, le conseil général et l’Association fédérative des maires de Loire-Atlantique, ont signé la Charte pour la prise en compte de l’agriculture dans l’aménagement du territoire, lundi dernier. Un texte qui vient réaffirmer la nécessité d’assurer l’avenir de l’agriculture du département.

Changement réglementaire, évolution démographique, extension urbaine, développement d’infrastructures consommatrices de terres agricoles. La question de la consommation de surfaces dans le département est très prégnante. Dans ce contexte, la charte pour la prise en compte de l’agriculture dans l’aménagement du territoire, signée en 2004 par la chambre d’agriculture, les services de l’État et l’association fédérative des maires de Loire-Atlantique, nécessitait une révision.
Voilà qui est fait. Les mêmes signataires, rejoints cette fois par le conseil général, se sont mis autour de la table pour élaborer une nouvelle charte, du même nom, et ainsi actualiser son contenu (lire ci-dessous).
2 000 ha de terres agricoles sont perdus chaque année en  Loire-Atlantique (6 250 ha ont disparu, soit 1 250 ha par an, entre 1999 et 2004). Et ce rythme ne cesse de s’accélérer. « Dans un département aussi attractif que le nôtre, lorsque vous puisez dans le foncier pour des besoins évidents de développement d’utilité publique, ce que nous admettons, vous touchez à notre outil de travail », a souligné Jacques Lemaitre, président de la chambre d’agriculture, en s’adressant aux responsables des collectivités locales et de l’État. « Dans certains cas, cela peut remettre en cause l’avenir de l’exploitation agricole. D’où notre engagement à veiller à la limitation de la consommation de surfaces. »
Pour les élus des communes du département le numéro d’équilibriste n’est effectivement pas évident, reconnaît Yves Métaireau, président de l'Association des maires de Loire-Atlantique : « L’enjeu est de lutter contre l’étalement urbain désordonné tout en gérant la densification de nos communes ».
Le président de la chambre d’agriculture a tenu à rappeler que l’agriculture occupe et entretient près des deux tiers du département, et qu’elle est une activité économique à part entière, créatrice de richesses et d’emplois. « C’est pourquoi la chambre d’agriculture réaffirme la dimension stratégique de l’agriculture, au moment où les évolutions des marchés des produits agricoles et les enjeux liés à la qualité de l’alimentation et l’environnement impliquent à la fois de produire plus et mieux. » Le mot d’ordre est clair : « Éviter le gaspillage du foncier. »

Pour aller dans cette direction, « le ciment ne peut être que la concertation », pour Jacques Lemaitre. « C’est pourquoi nous pouvons nous féliciter de cette charte. C’est un excellent outil à la décision car il compile aussi les textes législatifs récents issus du Grenelle de l’environnement et de la loi de modernisation de juillet 2010. »
« L’agriculture est au cœur de nos préoccupations », a insisté pour sa part Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique. « Une question nous préoccupe tous : non seulement la préservation du foncier agricole mais aussi sa reconquête. Nous avons un combat commun à mener avec les maires, les agriculteurs et l’État. » « Nous considérerons cette charte plus que comme un document incitatif. Nous participerons à son animation et à son évaluation pour que ce texte d’orientation puisse devenir un texte fondateur en Loire-Atlantique sur cette question des grands équilibres fonciers. »
Jean Daubigny, préfet de Loire-Atlantique, voit dans cette charte « un engagement d’une force rare ». « Ce que nous signons c’est un socle de travail. Il va falloir bâtir dessus. Il faut maintenant que le volet du suivi et de l’évaluation soit le plus important. Ce suivi doit se faire sur une cadence de métronome. Le dialogue devra être nourri notamment avec les différentes communautés de communes pour que nous soyons bien en prise avec toutes les réalités. »

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