Grâce à la FDSEA de l'Orne : 3 O00 élèves au vert agricole

Thierry Guillemot

Grâce à la FDSEA  de l'Orne : 3 O00 élèves au vert agricole

Top départ lundi dernier chez Ghislain Chesnot à Condé-sur-Sarthe pour l'opération de communication “Fermes ouvertes”. Une grande récréation verte qui va balader quelques 3 000 élèves dans la réalité quotidienne d'une soixantaine d'agricultrices et agriculteurs, fiers de leur métier, fiers de leur savoir-faire, fiers de leurs produits.

Le lait ? Ils vont le chercher chez Leclerc. Ils ne font pas le lien avec les vaches qu'ils voient dans les champs”. Paroles d'institutrice de Notre Dame de l'Assomption, une école alençonnaise située en ZUP, qui accompagne une cinquantaine d'élèves de CE2, CM1 et CM2. D'origine agricole, la ferme, elle connaît un peu. La plupart de ses collègues, beaucoup moins ou parfois avec des idées préconçues. L'an passé en un autre endroit, arrivant sur les lieux de la visite, une enseignante avait jugé d'un simple regard,
l'exploitation “trop industrielle” à son goût. Demi-tour, les enfants n'avaient pas même eu le droit de descendre du bus. Un délit de sale gueule ou de faciès... Ça fait mal d'être jugé sans avoir pu
s'exprimer.

Des idées préconçues

Des idées préconçues et du boulot d'explication et de persuasion pour Ghislain Chesnot, GAEC du Beauséjour (patronyme prédestiné), à Condé-sur-Sarthe aux portes de la capitale départementale. Dès son installation en 1990, il a ouvert les portes de son outil de travail et donc de vie. D'abord aux adultes puis, à partir de 1992 et à l'initiative de la FNSEA et des FDSEA, aux élèves des classes primaires. Droit dans ses bottes, il répond au feu nourri de questions parfois inattendues. Karine, sa femme qui travaille à l'extérieur, a pris en charge un autre groupe. Elle est sans doute moins technique dans les réponses mais tout autant passionnée. Ghislain et Karine ont pris de leur temps pour les au-tres. Pas du temps perdu. C'est pas les générations en herbe qu'il faut faire passer les messages. Josiane Hertault, responsable cantonal de la FDSEA, opine de la tête. En voisine et s'étant échappée deux heures durant d'un conseil “fédé”, elle est venue prendre la température.
“L'aboutissement de notre métier, c'est le consommateur”, relève-t-elle. Un consommateur envers lequel il faut marquer des points en communicant d'autant plus qu'il est jeune. 8 ans, 12 ans, du potentiel de consommation pour 70 à 80 ans. De l'opinion à forger et des messages à faire passer. Et Josiane de profiter de la tribune pour lancer un message à destination des jeunes agriculteurs. “C'est vrai qu'ils sont surbookés mais c'est dans les moments de crise qu'il faut relever la tête du guidon (ndrl : et du bidon). Participez aux “Fermes ouvertes”. C'est aussi important que d'aller manifester”.

Un soutien du Conseil général

Jackie Legault, en charge des questions agricoles au Conseil général, acquiesce. Quand les agriculteurs manifestent, il ne peut guère qu'être à l'écoute, faire remonter l'information à Paris selon la formule consacrée (...). La marge de manoeuvre agricole d'une collectivité territoriale est modeste.
A contrario, quand les agriculteurs communiquent, le Conseil général apporte un soutien financier et logistique à l'opération. Ce qui explique aussi la réussite de cette entreprise coordonnée en coulisse par Karine Cumunel, animatrice de la FDSEA.
La présence de l'élu de Longny-au-Perche chez Ghislain Chesnot témoigne de l'interêt politique encore accordé à l'agriculture dans l'Orne. “C'est peut-être aussi une piste pour faciliter le renouvellement des générations”, propose Jackie Legault.
Mais il est 15 h 30. L'heure du retour à la base pour les enfants. Coca ou verre de lait au goûter ?

Source Réussir l'Agriculteur Normand

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier