Grande distribution : La valse des étiquettes aura-t-elle lieu ?

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Grande distribution : La valse des étiquettes aura-t-elle lieu ?

A l'heure où industriels et distributeurs débutent leurs négociations sur les tarifs de 2011, l'envolée des prix de plusieurs matières premières agricoles fait craindre une valse des étiquettes sur les produits alimentaires.

Depuis plusieurs mois, les prix du café, cacao, céréales, jus de fruit, lait se sont envolés avec des conséquences redoutées sur le prix des produits dérivés. De la brique de lait aux pâtes en passant par les plats cuisinés, plusieurs aliments pourraient être touchés par des hausses de prix en grande distribution.

Les augmentations depuis un an* du blé (+23,1%), du maïs (+24,6%), du lait (+14%) auront des incidences variables sur les produits, explique Laurent Thoumine, consultant à Kurt Salmon. « Dans les produits élaborés, la matière première ne pèse parfois pas bien lourd, donc on ne peut pas prendre ces hausses et les répliquer », explique-t-il, «ce qui coûte cher c'est la main-d'oeuvre, les machines, le transport, l'emballage».

La viande est également concernée par de possibles hausses, le bétail étant en grande partie -surtout les porcs et la volaille- nourri à partir de céréales. L'industriel du poulet Doux a d'ores et déjà annoncé une hausse de 6 à 7%.

La grande distribution prête à dialoguer avec la production

«Ce qui est certain, c'est que les industriels ne seront pas les seuls à assumer l'augmentation des matières premières», prévient Jean-René Buisson, président de l'association nationale des industries alimentaires (Ania).

Pour lui, toute la difficulté des industriels est qu'ils sont pris dans un étau entre une filière agricole qui souffre et sur laquelle le gouvernement porte ses efforts et une grande distribution qui limite au maximum les hausses de prix. Jean-René Buisson s'attend à « un bras de fer avec les distributeurs» mais se veut aussi rassurant : «les conséquences sur le consommateur devraient être limitées».

Le président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) Jérôme Bédier, qui rassemble quelques unes des principales enseignes, se dit prêt «à dialoguer en accéléré avec certains opérateurs qui ont besoin de hausses de prix au plus vite».

Il s'agira toutefois, selon lui, de «bien flécher les hausses afin qu'elles correspondent à la rémunération des producteurs». « On ne veut pas avoir une hausse générale des tarifs sans rapport, précis et démontré, avec le revenu des producteurs». Il promet un point vers la mi-octobre sur l'évolution des prix.

* (juillet 2009/2010)

Publié par SC

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