Grande douve – paramphistome. Un kit diagnostic à utiliser chaque année en début d’hiver

Dr Didier GUERIN

Grande douve – paramphistome. Un kit diagnostic à utiliser chaque année en début d’hiver

Grande douve et paramphistome => La saison hivernale représente une période stratégique de gestion de la grande douve et du paramphistome. Un raisonnement précis de votre plan de lutte est à effectuer chaque année en début d’hiver.

Elevage laitier, l’impact du délai d’attente lait pour l’oxyclozanide

Grande douve – paramphistome. Un kit diagnostic à utiliser chaque année en début d’hiver

Suite à la découverte, en 2011, de résidus de douvicides dans du lait en Irlande, l’Agence Européenne du Médicament (EMEA) a mis en place une procédure destinée à garantir l’absence de résidus dans le lait. Cela a conduit à la modification des délais d’attente de l’oxyclozanide début 2014.

Zanil®, Douvistome®, un délai d’attente lait de 4,5 à 7 jours

Pour les bovins, le temps d’attente viande est désormais de 14 jours, pour le lait, il s’élève à 4,5 jours. Pour la paramphistomose (posologie au delà de la stop-dose), le délai d’attente lait atteint 7 jours et le délai viande 28 jours. L’instauration de ces nouveaux délais d’attente lait pour l’oxyclozanide (Zanil®, Douvistome®) demande une adaptation des protocoles de gestion de la fasciolose en élevage laitier.

Une nécessaire adaptation de votre plan de lutte

Les traitements au tarissement n’ont pas toujours de cohérence épidémiologique mais ils sont dorénavant les seuls à ne pas induire d’éviction de lait. Un contrôle par sérologie après la sortie puis à la rentrée est à réaliser pour vérifier l’absence d’infestation. En cas de résultat positif avec un état général correct, un traitement au tarissement et au vêlage sera effectué. En cas d’état général insuffisant ou d’atteinte des performances zootechniques, un traitement est recommandé huit semaines après la fin du contact parasitaire, avec la contrainte du temps d’attente.

Ces dernières décennies, une certaine « focalisation » sur le paramphistome a été observée avec une moindre considération de la grande douve, pourtant beaucoup plus débilitante, avec la réapparition de manifestations cliniques ou subcliniques de fasciolose (maladie provoquée par la grande douve) dans certains élevages. 

La grande douve, une parasitose aigue ; le paramphistome, un effet « cumulatif »

La fasciolose entraîne des pertes de production : retard de croissance, défaut de fertilité, réduction de la quantité et de la qualité du lait, augmentation de la sensibilité aux maladies, notamment néonatales… Un foie de bovin parasité héberge 20 à 50 grandes douves adultes au maximum. Cela suffit pour entraîner des impacts notables.

Le paramphistome est un parasite à effet « cumulatif » au cours des saisons. La paramphistomose (maladie induite par le paramphistome) est surtout présente sous sa forme chronique. Elle est due à l’effet additionnel (plusieurs centaines à milliers de parasites dans la panse) des infestations au cours des saisons, elle est possible du fait de la longévité du parasite (5 à 7 ans). La météorisation chronique est souvent le signe d’appel. La diarrhée arrive tardivement, elle est précédée par des phases d’émission de matières fécales molles. La forme aiguë est caractérisée par une diarrhée liquide noirâtre ou brun verdâtre d’apparition brutale en fin de printemps ou fin d’automne.

L’automne, une période d’exposition majeure

L'épidémiologie de la fasciolose est en étroite relation avec l'exposition des bovins au risque d'ingestion de métacercaires (larves infestantes de grande douve ou de paramphistome). Trois périodes d'exposition au parasite, d'importance inégales, sont à distinguer : celle du printemps assez limitée, celle d'été plus fréquente et sensibilisante et enfin celle d'automne, majeure.

Grande douve – paramphistome. Un kit diagnostic à utiliser chaque année en début d’hiver

Un bilan à réaliser dans tout élevage avec l’apport du kit diagnostic

La phase diagnostique, réalisée avec votre vétérinaire, comporte trois étapes : l’examen clinique des animaux, la situation épidémiologique et le volet analytique qui associe sérologie grande douve (les sangs de prophylaxie peuvent être utilisés) et coproscopies (cf. illustration kit diagnostic). Si la coprologie de mélange de 5 indique une moyenne inférieure à 40 œufs de paramphistomes par gramme de fèces, ce parasite ne nécessitera pas une approche spécifique pour ce lot pour la saison considérée. La seule présence de grande douve demande le traitement de l’ensemble du lot.

Une gestion agronomique et médicale pour la prévention et la lutte

La gestion des fasciolose et paramphistomose est basée sur une approche agronomique et médicale. L’approche agronomique consiste à limiter le nombre de zones de prairies à risques. L’approche médicale passe par un management adéquat des interventions avec les deux impératifs suivants : intervenir précocement après un pic de contamination à risques en matière de grande douve et un traitement mixte grande douve/paramphistome ne peut être effectué que 10 semaines après la fin de période de contamination (rentrée en stabulation, période de gel, passage sur une prairie sans zones à risques).

Grande douve – paramphistome. Un kit diagnostic à utiliser chaque année en début d’hiver

Un plan antiparasitaire axé prioritairement sur la grande douve

La grande douve est considérée prioritairement avec le schéma suivant (cf. illustration) :

  1. La grande douve est présente de manière significative, une intervention spécifique (médicaments à base de closantel, nitroxinil ou triclabendazole) sera réalisée dans les 3 semaines suivant la fin de période de contamination. L’utilisation de douvicides à base de closantel ou nitroxinil permet l’apport complémentaire d’iode.
  2. Le paramphistome présente un niveau d’accumulation (moyenne > 40 œufs par gramme de fèces), un traitement avec un antiparasitaire à base d’oxyclozanide sera effectué 8 semaines après le 1er traitement.
  3. La contamination en grande douve est faible, celle en paramphistome conséquente, le traitement sera mixte avec un antiparasitaire à base d’oxyclozanide 10 semaines après la fin de période de contamination.
  4. En cas de contamination d’été à risques (forte présence de prés de fond, découverte de paramphistomose…), une application supplémentaire douvicide ou mixte, selon les cas, sera effectuée en juillet.
  5. En cas d’intervention précoce avec un traitement douvicide ou mixte (traitement d’automne ou début d’hiver) avec des animaux encore présents sur des prairies à risques ou enlevés depuis moins de 8 semaines, une seconde intervention (cf. point 2) sera alors nécessaire.

Une composante importante du concept « Le sanitaire… j’adhère ! », une utilisation du kit diagnostic à renforcer

La prévention et la lutte contre les trématodes se basent sur le poids pathogène de chaque parasite (l’élément majeur étant la grande douve) en intégrant le cycle des parasites, les interférences hôte/parasite/environnement. Composante importante du concept « Le sanitaire… j’adhère ! », votre plan antiparasitaire est à définir annuellement avec votre vétérinaire, à partir des observations effectuées, du cycle de pâturage de chaque lot, des traitements déjà réalisés et du kit diagnostic. Votre vétérinaire et GDS Creuse sont à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. Pour plus d’information, consultez le chapitre « Parasitisme » dans l’onglet « La boîte à outils bovins » sur notre site.

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