Grèce : La crise affecte le marché des jeunes bovins haut de gamme

Sophie Bourgeois

Le marché de l'exportation de jeunes bovins en carcasse vers la Grèce inquiète les opérateurs. La demande ralentit franchement, mais n'a pas évolué en termes de qualité.

Le marché de l'exportation de jeunes bovins en carcasse vers la Grèce était en progression constante depuis dix ans, et pour la première fois, depuis le début de l'année 2010, il ralentit. « Cette évolution suit celle du pouvoir d'achat en Grèce, qui a été affecté comme chez nous », explique un opérateur du Limousin. De nombreux importateurs grecs sont devenus insolvables ou rencontrent des difficultés pour accéder au crédit et à l'assurance. La nécessité de se mettre aux normes européennes a obligé les Grecs à s'endetter, et aujourd'hui les difficultés se cumulent. « Nous nous appuyons sur un réseau de clients relativement fiables, et nous continuons de travailler en ce sens, explique pour sa part un opérateur du Grand Ouest. Pour l'instant, sur les 20 premières semaines de l'année, notre activité a reculé de 2,5 % en volume. »
À l'échelle française, d'après l'Institut de l'élevage, les exportations vers la Grèce étaient en recul de 19 % sur le mois de janvier 2010 et de 15 % de février par rapport à ces mois de 2009.
La France est le premier fournisseur de viande bovine de la Grèce. Cette dernière importe aussi déjà des petits volumes en provenance de Pologne, d'Angleterre et d'Irlande. Les carcasses françaises entières de jeunes bovins limousins, blonds, parthenais, sont dédiées à une clientèle assez aisée, qui ne sera pas forcément la plus touchée par la perte de pouvoir d'achat.

Les jeunes bovins blonds, limousins et parthenais, sont destinés à une clientèle grecque assez aisée. Cependant, les opérateurs sont très attentifs à l'évolution du marché. (S. Bourgeois)

Les jeunes bovins blonds, limousins et parthenais, sont destinés à une clientèle grecque assez aisée. Cependant, les opérateurs sont très attentifs à l'évolution du marché. (S. Bourgeois)

Repli vers des viandes moins chères ?

D'autre part, le prix de la viande en Grèce est très bas. « Une viande avec os achetée en France autour de 4 euros en moyenne, est revendue au consommateur environ 8 euros le kilo, alors que les frais de transport sont relativement élevés. Les marges sont très raisonnables ! »
Jusqu'à présent, le marché n'a pas évolué en termes de qualité demandée. Il existe cependant un risque de repli vers des viandes moins chères, pour la fourniture desquelles la France n'est pas la mieux placée. « Nous ne savons pas encore, rapporte cet acteur du marché, comment les mesures de rigueur prises par le gouvernement vont se traduire dans les achats des consommateurs grecs. Nous sommes très attentifs à l'évolution du marché. »

Source Réussir Bovins Viande Juin 2010

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