Groupe coopératif UNICOR : Anticiper pour ne pas subir»

Didier BOUVILLE

Le groupe coopératif UNICOR a dressé le bilan de l'année écoulée vendredi 26 mars à Baraqueville, sous la présidence de Bernard Cazals et en présence de Michel Prugue, président de Maïsadour et de l'INAO.

Après les assemblées générales des organisations de producteurs bovins (VP du 11 mars) et ovins (VP du 18 mars), le groupe UNICOR a dressé le bilan de l'année vendredi dernier à Baraqueville, dans le prolongement du point presse de la semaine dernière (VP du 25 mars) où le président Bernard Cazals n'avait pas caché que la crise agricole et financière de 2009 avait touché la plus grande coopérative aveyronnaise. «La crise que nous traversons est profonde» a t-il confirmé devant l'assemblé à Baraqueville, en annonçant une baisse du chiffre d'affaires de la coopérative de 4,4 %.

Intrants en baisse

Le recul significatif constaté dans les activités distribution illustre les conséquences de la crise qui pèse sur la réduction des intrants au niveau des exploitations agricoles, avec une chute de 42 % des achats d'engrais (- 21 869 tonnes), une tendance baissière qui concerne aussi l'activité nutrition animale de la filiale Sud Aliment (- 7 500 tonnes) pour un total de 207 300 tonnes. «Le contexte économique des exploitations, notamment en vaches laitières, en production porcine ou en ovins viande, explique ainsi la baisse des achats en aliments composés», a ajouté Yves Bioulac, directeur général d'UNICOR.
Autre indicateur, celui du machinisme agricole, avec «une année 2009 particulièrement difficile, tant sur le neuf que sur l'occasion» pour la filiale CADAUMA, en dépit d'un chiffre d'affaires stable qui s'explique par le report de vente de 15 tracteurs commandés lors de l'exercice précédent.
La SAUMAG, filiale matériel, voit elle son chiffre d'affaires progresser en 2009, grâce à une activité photovoltaïque dynamique dans ce service qui a instruit plus de 150 dossiers l'an dernier. Bernard Cazals a annoncé que l'accord de partenariat avec Manhaval-Fabre s'inscrivait dans la stratégie du groupe qui est celle d'assurer un service aux agriculteurs dans le domaine du machinisme et de l'équipement d'élevage. «Nous avons les marques pour proposer un service de qualité, pour anticiper l'évolution de notre agriculture» selon Bernard Cazals.
Pour la filière palmipèdes gras, le partenariat avec la Quercynoise se traduit par de bons volumes et l'équilibre financier en 2009 avec 203 290 palmipèdes gras collectés. Cette année est par ailleurs marquée par une prise de participation de 22 % dans Aveyron Foie Gras.
S'agissant des Vignerons du Vallon, les volumes commercialisés de l'AOC Marcillac sont cette année encore en hausse (550 595 bouteilles). Enfin, la collecte de céréales est en progression pour la troisième année consécutive, avec 20 651 tonnes en 2009.

«Désenchantement»

Pour Bernard Cazals, «la crise agricole due à la baisse des revenus des agriculteurs est essentiellement provoquée par la volatilité des prix, la conséquence de la dérégularisation des marchés. Le manque de visibilité pour l'avenir, notamment de la PAC, est à l'origine du désenchantement des agriculteurs. Cette crise doit nous interroger sur nos stratégies, c'est pourquoi nous allons organiser cette année, avec le conseil d'administration, un séminaire pour réfléchir sur les orientations à prendre pour notre coopérative, car nous pensons qu'il vaut mieux anticiper que subir».

Le pacte coop

Michel Prugue a rappelé l'histoire de Maïsadour qu'il préside, en louant les vertus de la coopération, «sa capacité à faire le lien entre la personne, le territoire, l'économie». A propos des négociations sur la LMA du groupe de travail de Bruno Le Maire dont il fait partie, Michel Prugue a insisté sur le désarroi du monde agricole, «même le ministre le dit haut et fort», en critiquant au passage la contractualisation. «On nous dit qu'avec un contrat et une assurance, on va tout régler ! Il faut laisser faire les interprofessions. Faudra t-il que les coopératives contractualisent avec leurs adhérents ? Non, car le pacte coop suffit à lui-même» a- t-il déclaré en substances.
A propos du partage de la marge avec les GMS, il a ironisé sur l'efficacité de la LME «que l'on appelle Loi Michel-Edouard...». Quant à ceux qui veulent sortir l'agriculture de l'OMC, Michel Prugue estime que «c'est aux politiques, au sein du G 8 ou du G 20, de moduler les orientations de l'OMC».

Source La Volonté Paysanne

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