Inra de Theix : Des recherches au service de la production agricole

M. Brut - L'Auvergne agricole

Le 8 juillet, l'Inra de Theix a présenté ses travaux de recherche, notamment dans le domaine agricole.

Les chercheurs de l'Inra de Clermont- Theix ont exposé récemment les résultats de leur recherche sur plusieurs études en lien direct avec la production agricole.

Biodiversité des prairies et qualité fromagère

Cette étude a pour objectif d'étudier le lien entre les pâtures et la qualité gustative des fromages. Pour se faire, un essai a été mis en place à l'unité expérimentale des Monts d'Auvergne, de mai à septembre 2008. En 2009, l'objectif est de comparer deux systèmes de pâturage. Le premier “productif” a pour caractéristiques un chargement important (30 ares/vache) et une ancienne prairie peu diversifiée. Le second dit “traditionnel” est une prairie d'estive, très diversifiée et faiblement chargée (100 ares/vache). Après plusieurs analyses, il ressort que le lait issu du premier système présente des teneurs en acides gras constantes sur l'année. Au niveau des fromages fabriqués avec chaque lait, les chercheurs notent une réelle différence après six mois d'affinage. Ainsi, les fromages au lait “traditionnel” sont plus jaunes et leurs arômes plus intenses et persistants. Une étude plus approfondie sera conduite sur cinq ans sur des systèmes laitiers de montagne avec peu d'intrants.

 

Comportement alimentaire des ruminants

Autre étude, celle destinée à comprendre le comportement alimentaire des ruminants. Les plantes ont des qualités sensorielles (amer, acide, salée…) et post-ingestives (toxiques…) différentes. Certains goûts peuvent révéler certaines propriétés nutritionnelles. Ce qui permet aux animaux d'anticiper la valeur de ce qu'ils mangent. Pour comprendre le phénomène, les chercheurs ont réalisé des essais. Dans un premier temps, ils sélectionnent le goût amer et le goût “umami”. Ils aspergent du foin avec des substances permettant de relevé ces goûts. Un seau de foin amer et un autre au parfum “umami” sont donnés aux moutons, en même temps. Les chercheurs observent que les ruminants ont une préférence pour le second seau. Ils répètent l'opération mais cette fois en deux étapes. Dans la première (toujours deux seaux de foin différents, le foin “umami” contient une substance toxique. Dans la seconde étape, ils inversent, donnant au foin amer une propriété toxique. La conclusion est la suivante : lorsque les moutons ne sont pas malades avec le foin “umami”, ils augmentent leur consommation de celui-ci. Dans le cas contraire, ils la diminuent quelque peu. En revanche, ils montrent une certaine méfiance pour le foin amer. Lorsque celui-ci les rend malade, ils diminuent fortement leur consommation. Les moutons sont donc, d'une certaine façon, gourmands. La prise en compte des capacités sensorielles de ces animaux constitue une opportunité pour améliorer l'utilisation des aliments. En réponse à l'excès de mortalité bovine lié à l'épidémie de fièvre catarrhale, l'Inra a par ailleurs engagé une étude afin d'évaluer d'une façon temporelle la mortalité des bovins. Cette méthode pourrait permettre de surveiller au quotidien l'évolution de la mortalité et d'alerter plus rapidement, en cas de surmortalité anormale, les autorités sanitaires. Les travaux menés l'an dernier par l'Institut sont encore nombreux et variés.

Source L'Union du Cantal

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