Installation : Les jeunes agriculteurs ont fait le choix de la sécurité

P. OLIVIERI

Avec 107 projets d'installation agréés en 2008, le département demeure l'un des leaders nationaux.

L'installation en agriculture est comme l'attractivité d'un territoire : elle ne se décrète pas, elle se construit à travers des politiques volontaristes et incitatives. Un constat qu'ont dressé il y a bien longtemps déjà les Jeunes agriculteurs cantaliens et leurs partenaires, ce qui les a conduit à faire des futurs installés un des publics prioritaires des schémas départementaux (aides, droits à produire...). Cette stratégie porte ses fruits comme en attestent les 107 projets d'installation aidée agréés l'an dernier. Un chiffre en léger retrait par rapport à 2007 mais loin des 10 % de baisse enregistrés depuis 2006 sur l'ensemble du territoire auvergnat. L'installation continue de bien se porter donc dans le Cantal mais la situation masque certaines disparités : si Saint-Flour nord (13 dossiers), Mauriac et Vic-sur-Cère (huit chacun) caracolent en tête en 2008, les cantons de Champs-sur-Tarentaine, Condat et La Roquebrou continuent de pointer au bas de l'échelle du renouvellement des chefs d'exploitation.

Des jeunes toujours mieux formés

L'analyse du profil des candidats fait apparaître un âge moyen à l'installation de 28 ans, mais là encore, les écarts sont importants. Un candidat masculin sur deux s'installe entre 21 et 25 ans, le plus souvent dans le cadre d'une société familiale (Gaec). Du côté des femmes, 23 se sont installées en 2008, dont cinq à titre individuel (huit en EARL avec leur conjoint et dix en intégrant un Gaec). Mais leur proportion tend à se réduire (21 % en 2008), tout comme celle des jeunes non issus du milieu agricole (11 % seulement des projets en 2008). Près d'un quart de ces futurs chefs d'exploitation dispose d'un diplôme d'études supérieures de type BTS, un taux en forte progression depuis 2006. Plus globalement, 73,9 % des candidats détiennent un diplôme de niveau IV (bac, BP REA,...), de quoi battre en brèche certains clichés. Malgré un pourcentage d'installation sous forme sociétaire (Gaec, EARL, SCEA) toujours prépondérant (65 %), ce ratio a tendance à stagner depuis 2003 avec une part des Gaec en hausse, aux détriments des EARL. La main d'oeuvre non salariée s'établit à 2,1 UTHNS (unité de travail humain non salarié).

L'hégémonie de l'élevage bovin

Les choix de production restent eux des plus classiques, 93,6 % des jeunes s'installant toujours avec un élevage bovin : dont 33 % en bovins viande, 29,4 % en système mixte, 18,3 % en système lait spécialisé. Les ovins ne représentent eux que 1,8 % des orientations choisies (+0,9 % pour les mixtes ovins-bovins). Seuls sept jeunes agriculteurs ont misé sur un atelier sans bovins. Sur la dernière décennie, la part des installations avec un cheptel allaitant spécialisé tend à s'accroître au détriment des laitiers spécialisés. Quant à la dimension moyenne des exploitations de ces futurs paysans, elle a fait un bond en 2008 passant de 85 ha à 95 ha, avec néanmoins une forte variabilité selon la forme juridique de l'exploitation (121 ha en Gaec, 52 en individuel). Augmentation significative des structures supports à l'installation qui va de pair avec la hausse importante du coût de ces installations : + 65 % en cinq ans, avec un niveau d'emprunt moyen par dossier (prêt MTS-JA) qui s'est élevé en 2008 à 97 511 euros. Recul des publics féminins et hors-cadre familial, retour en force des systèmes bovins, choix sociétaires : à l'évidence, le contexte délicat de 2008 a peu incité à la prise de risque ou à l'innovation.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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