Institut de veille sanitaire : Les Français plus exposés à certains pesticides que les Allemands ou Américains

Pour la première fois en France, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a mesuré les concentrations biologiques de métaux, pesticides et PCB sur un échantillon représentatif de la population française.

Les niveaux de pesticides dans la population française ont notamment été comparés avec ceux observés en Allemagne ou États-Unis. Les conclusions varient selon la famille chimique de pesticides étudiée.

Les niveaux des pesticides organochlorés (comprenant par exemple le DDT ou le lindane, aujourd'hui interdits) sont globalement faibles. Toutefois une substance provenant du paradichlorobenzène, utilisé encore récemment comme antimite ou désodorisant dans les toilettes, est mesurée à des niveaux très supérieurs en France.

Les niveaux de métabolites (produits de dégradation) des pesticides organophosphorés se situent entre ceux des Allemands et ceux des Américains. Pour les pesticides pyréthrinoïdes, qui sont largement utilisés (agriculture, horticulture, usage domestique…), les niveaux sont plus élevés que ceux observés aux États-Unis et en Allemagne. Même conclusion pour les PCB (polychlorobiphényles) . « Les causes des écarts observés entre l'imprégnation de la population en France et à l'étranger méritent d'être élucidées : apports alimentaires ou usages des produits ? », conclut cette étude.

Une exposition basse aux métaux

L'étude possédait également un volet « métaux et métalloïdes ». La population française présente des niveaux d'exposition globalement bas et similaires à ceux observés à l'étranger. Les concentrations de mercure dans les cheveux sont toutefois supérieures à celles des Allemands et des Américains, mais inférieures à celles des Espagnols. L'InVS explique ces écarts par une consommation de poisson (principale source d'apport de mercure dans l'alimentation) deux fois plus faible en Allemagne et aux États-Unis qu'en France et supérieure en Espagne.

L'exposition de la population française aux polluants a été estimée par la mesure de 42 substances chimiques présentes dans l'alimentation et/ou l'environnement. Elles ont été dosés dans des prélèvements de sang, d'urine, ou de cheveux recueillis sur près de 2.000 adultes (18 à 74 ans). L'étude s'est déroulée au cours des années 2006 et 2007.

L'InVS lancera fin 2012 une enquête nationale de biosurveillance - incluant un volet enfants - pour connaître les évolutions par rapport à cette première étude, tout en élargissant à une centaine les substances dosées en ajoutant notamment « les perturbateurs endocriniens ».

Résultats complets sur : www.invs.sante.fr

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