Introduction de bovins au printemps. Maîtrise des points à risque et respect des mesures sanitaires de base

Christophe LE MAUX - Dr Didier GUERIN

Introduction de bovins au printemps. Maîtrise des points à risque et respect des mesures sanitaires de base

Ne pas confondre vitesse et précipitation => En cette saison, les introductions d’animaux se réalisent parfois dans l’urgence. Etre vigilant et respecter les mesures sanitaires de base s’avère primordial sous peine de déboires parfois dramatiques comme nous l’avons observé dans certains cas.

Au-delà des dépistages obligatoires, les risques sanitaires, lors d’introduction de bovins, peuvent aussi être occasionnés par d’autres maladies spécifiques ou des syndromes d’élevage (diarrhées, grippes…) d’où l’importance de la maîtrise des points à risque.

Un outil : le Billet de Garantie Conventionnelle (BGC)

Depuis 2001, l’utilisation du BGC progresse régulièrement avec parallèlement un impact sanitaire constaté correspondant à une baisse de contaminations de cheptels lors d’introduction. Néanmoins, la marge de progression reste conséquente. Ainsi, chaque année, nous enregistrons une baisse importante de son emploi d’avril à août, période à hauts risques en matière d’infection par le virus BVD car nombre de vaches se trouvent en début de gestation (voir graphique). Or, la moitié des cas graves de maladie des muqueuses ou BVD observés provient d’un non-respect des mesures sanitaires de base lors d’introductions de bovins à cette période. Pour la majorité de nos élevages qui introduisent peu de bovins, l’utilisation du BGC s’avère d’un intérêt primordial. Le BGC est un document par lequel le vendeur et l’acheteur s’entendent sur l’annulation possible de la vente en cas de résultats positifs vis à vis des maladies non-concernées par la rédhibition (maladie des muqueuses et/ou paratuberculose). Ce document est signé au moment de la vente par les deux parties. Cet imprimé est à votre disposition chez votre vétérinaire, à GDS Creuse et dans les GDA.

Une diminution de l'utilisation du billet de garantie conventionnelle est relevée en fin de printemps et en été. Associée à un moindre respect de l’isolement des animaux introduits, cela représente un risque sanitaire important pour l’élevage introducteur. C’est notamment le cas en matière de BVD car nous nous trouvons dans une période à hauts risques (première moitié de gestation) dans nombre de troupeaux.

Prévention de la maladie des muqueuses ou BVD …

La maladie des muqueuses est due à un virus capable de franchir la barrière placentaire et d’infecter le fœtus pendant la gestation. De plus, pendant une 1ère phase, il diminue les défenses immunitaires des animaux contaminés et permet ainsi le développement d’autres pathologies. Si l’infection intervient entre le 40ème et le 125ème jour de gestation, le veau sera Infecté Permanent Immunotolérant (IPI) et présentera, le plus souvent entre 3 et 36 mois après sa naissance, une diarrhée virale aiguë ou chronique qui sera mortelle et cela peut concerner un grand nombre d’animaux. De plus, ces IPI excrètent de façon permanente du virus et maintiennent la contamination dans l’élevage. Toute introduction d’animal porteur de virus, lorsque le troupeau est en début de gestation, sera donc catastrophique. Or, c’est à cette époque que sont introduits nombre de taureaux ou de veaux sous la mère.

… avec un dépistage systématique BVD à l'introduction …

En raison du constat effectué ci-dessus et de la disponibilité de l’analyse PCR BVD en mélange apportant une meilleure sensibilité et présentant un coût moindre, depuis le 1er janvier 2007, tous les prélèvements à l'introduction font l'objet de ce type de recherche, avec une mutualisation du coût et un maintien de l'aide aux autres analyses dans le cadre de l'utilisation du BGC. Etant donné que cette méthode met en évidence les IPI mais aussi des infectés transitoires, une explication personnalisée est apportée lors de chaque résultat positif. En 2011, 25 introductions positives ont ainsi été traitées. En relation avec les vétérinaires des élevages concernés, GDS Creuse a informé les introducteurs pour les sensibiliser à utiliser un BGC et à bien observer les conditions d’isolement lors de toute introduction et les vendeurs afin qu’ils prennent en compte ce résultat et envisagent des investigations supplémentaires dans leur élevage vis-à-vis de cette problématique.

… accompagné des mesures sanitaires de base (isolement et contrôle adapté)

Le bovin introduit est isolé pendant 15 jours minimum, jusqu’à obtention des résultats d’analyses. L’isolement signifie que ce bovin ne peut être en contact avec les autres bovins de l’exploitation. Cet élément se révèle essentiel pour limiter la contamination du cheptel par de nouvelles pathologies (maladies spécifiques mais aussi germes variés de diarrhées ou de grippes). L’isolement représente la seule méthode de prévention de contamination du troupeau en matière de BVD. Le contrôle à l’introduction est réalisé dans les 10 jours qui suivent et après relevé de l’identification du bovin et des conditions de l’isolement, le vétérinaire sanitaire de l’élevage prescrit les contrôles à réaliser en relation avec l’éleveur et effectue les prélèvements et interventions nécessaires.

Le non-isolement des animaux introduits, un exemple malheureusement édifiant

Dans le cadre du suivi des dossiers mutuelle sanitaire, les visites d’élevages réalisées en suivi BVD démontrent que, malgré le dépistage systématique BVD à l’introduction, le non-respect des mesures sanitaire de base, plus particulièrement l’isolement, est un facteur de risque à ne pas négliger lors de toute introduction. Un exemple illustre parfaitement cette situation. En début de printemps 2009, un taureau est introduit en urgence pour en remplacer un qui s’est accidenté. L’animal est livré avec un moyen de transport collectif, il fait l’objet d’un contrôle à l’introduction à la descente du camion et est mis immédiatement dans un lot de vaches dont certaines se trouvent en début de gestation. Il s’en est suivi la création d’au moins deux IPI qui ont eux-mêmes contaminés d’autres gestantes dont les génisses qui n’avaient pas été protégées lors de leur mise à la reproduction. Cela s’est traduit par une forte épidémie de diarrhée à l’hiver 2009/2010 et la détection de 14 IPI à la sortie des vêlages 2010/2011. Un simple isolement de 15 jours du taureau aurait permis de prévenir cette catastrophe sanitaire.

Le non-respect strict des étapes 1, 6 et 8 peut entraîner des conséquences sanitaires désastreuses dans son cheptel.

Ne pas oublier le statut du cheptel d’origine

Pour certaines entités, le contrôle individuel est insuffisant voir inopérant. Il demande donc à être complété par des informations sur le cheptel d’origine, c’est le cas pour l’IBR et, surtout, pour la paratuberculose. Pour faciliter l’obtention des ces informations, notre site est à votre disposition ( www.gdscreuse.fr) pour pouvoir consulter l’ensemble des cheptels creusois bénéficiant d’une appellation IBR et ceux apportant une garantie conforme au référentiel national en matière de paratuberculose bovine. Ces listes sont actualisées en temps réel et sont également disponibles sur demande à GDS Creuse.

La poursuite des aides à l’introduction par GDS Creuse

Dans le cadre d’introduction avec utilisation du BGC (seules les introductions avec BGC bénéficient d’une aide financière), GDS Creuse prend en charge pour ses adhérents, avec la participation du Conseil Général, le dépistage systématique virologique BVD PCR et 50% des frais des autres analyses. Sont prises en compte toutes les analyses demandées dans le cadre de la prescription du vétérinaire hormis les analyses inutiles (sérologie leucose, analyses paratuberculose sur les bovins de moins de 18 mois...).

La gestion des introductions : une mesure sanitaire essentielle

Une gestion adéquate des introductions dans un cheptel représente une des règles de base indispensables pour la gestion sanitaire de son troupeau. Pour la majorité de nos élevages qui introduisent peu de bovins, l’utilisation du BGC est salutaire et le respect des mesures sanitaires de base permet d’éviter d’importants problèmes. Dans l’adaptation aux nouveaux besoins et la prévention de nouveaux risques engendrées par l’évolution de nos élevages (nombres d’animaux, ressources humaines disponibles…), le dépistage s’oriente aujourd’hui au delà des dépistages historiques (tuberculose, brucellose) vers des contaminations par de nouvelles pathologies (maladies spécifiques mais aussi germes variés de diarrhées ou de grippes). Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire ou GDS Creuse.

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