Jérôme Hoorelbeke : rien ne remplacera jamais un concours

T.Guillemot

Jérôme Hoorelbeke : rien ne remplacera jamais un concours
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"On peut coucher une bête sur une feuille avec des chiffres mais ça ne remplacera jamais un concours". Jérôme Hoorelbeke (Bubertré-61) est un amoureux de la race Charolaise et des concours.

32 éleveurs pour 155 animaux
- Orne : CORBIN Olivier, HOORELBEKE Jérome, SCEA DOLLION, GAEC DU HAUT CHENE, COISPEL James, GAEC BONHOME MIRANDE, GACHELIN Philippe.
- Calvados : LEROY Eric, MAGUET Franck, HIE Bruno, EARL LEROUXEL, EARL La FILAINE, EARL DELCOURT.
- Manche : TARDIF Yves, LEDOUX Régine.
- Seine Maritime : FREVILLE Noël.
- Autres départements : Maine et Loire (4 éleveurs), Sarthe (6 éleveurs), Mayenne (3 éleveurs), Loire-Atlantique (2 éleveurs), Vendée (1 éleveur).

"En élevage, 1 + 1 ne font jamais 2. On peut coucher une bête sur le papier avec des chiffres, ça ne remplacera jamais l'oeil de l'éleveur". Et d'oeil, celui de Jérôme Hoorelbeke est plutôt affuté. Installé il y a 18 ans sur 25 ha tout en herbe à Bubertré (Perche ornais), Jérôme écume autant qu'il le peut les concours.
Avec ses animaux en premier lieu, "ça permet de savoir où on en est, d'acquérir des connaissances et des compétences pour un jour, avec un peu de chance, asseoir une notoriété. Les concours, c'est une partie de notre métier". Mais aussi en tant que juge et à tous les niveaux dont le Mondial Charolais de Nevers. 
18 taureaux en 18 ans
C'est un cousin de son grand-père, maquignon qui allait chercher des animaux dans le Centre de la France, qui lui a sans doute donné le virus. Jérôme, dont les grands-parents étaient producteurs de lait, s'est tourné vers la viande, la race Charolaise et le métier de sélectionneur. Il a créé son cheptel de toute pièce tout d'abord en achetant des génisses "toujours dans le même élevage et toujours de même type, c'est la base du métier", insiste-t-il. Achat de taureaux aussi, 18 en 18 ans mais pas forcément un par an. Le hasard des rencontres, presque un coup de foudre. "L'animal me frappe, il se passe quelque chose..." L'achat n'est pas exactement compulsif, "je regarde les origines aussi". Dernière acquisition, Jordanien (18 mois) de sortie au Mans (72) il y a quelques jours et dont les premiers produits naîtront cet hiver. En attendant ses premiers faits d'armes, Jérôme évoque, un brin de nostalgie dans le trémolo, ses lettres de noblesse avec Casimir, rappel de Championnat à Paris en 2012 après une consécration à Cournon. "Ce sont des titres que l'on a qu'une fois dans sa carrière. C'est une véritable chance qu'il convient de mesurer d'autant plus que nous ne sommes pas dans le berceau de la race. En général, les prix reviennent aux éleveurs du Centre. C'est une vraie reconnaissance de faire partie de la vitrine de la race au SIA", confiait-il dans nos colonnes à l'époque. Et 4 ans plus tard, si son discours n'a pas changé, peut-être a-t-il tort sur un point. A 41 ans, rien ne dit que l'histoire ne lui repassera pas le plat un jour. D'ailleurs, "le niveau génétique dans l'Orne approche celui du berceau de la race", reconnait-il.
Ce qui ne déplait pas à Hugues Bonhome. Le président des éleveurs de race Charolaise confirme et insiste sur "le niveau du concours d'Alençon qui progresse d'année en année et avec une très bonne participation en 2015."
Zéro IA
Si les taureaux de Jérôme lui apportent de la satisfaction, il le leur rend bien. Se fâcherait presque même : "non le taureau n'est pas un animal de rattrapage. Il mérite plus de considération". Zéro IA (Insémination Artificielle) d'ailleurs au lieu-dit La Maurie. "C'est un choix mais je ne suis pas contre. L'IA apporte une bonne génétique accessible aux naisseurs-engraisseurs". Mais Jérôme est avant tout un créateur de génétique. 80 % de ses animaux sont commercialisés en tant que reproducteur. "Je suis engraisseur aussi", corrige-t-il. Une façon de dire qu'il est doublement impacté par la conjoncture. Mais avec la Charolaise, sa rusticité et sa capacité à bien valoriser les fourrages grossiers, il résiste encore et produit directement et indirectement une viande "persillée et goûteuse". Il n'y a pas que la tendreté dans la vie !

Source l'Agriculteur Normand

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