L'Agriculture connectée : big tracteur

JA Mag

L'Agriculture connectée : big tracteur

Appliqué à l’agriculture, l’interner des objets permet d’interconnecter les machines, les animaux et les Hommes. Avec le smartphone et les serveurs Internet, le tracteur reste un des faire-valoir du Big data.

L'Agriculture connectée : big tracteur

Mécanique, hydraulique, pneumatique, électrique, informatique, électronique, robotique et enfin numérique : l’histoire de mécanisation agricole aura emprunté beaucoup de suffixes en « ique », et sans trop de « hic ». A l’instar du dernier « ique en date », le numérique et n’est pas propre à l’agriculture mais à de nombreux univers industriels servant de nombreux usages personnels et professionnels. Et du numérique aux métadonnées, traduction du Big data, il n’y a qu’un pas ou quelques octets. 

Le Big data désigne la collecte, la transmission et l a gest ion de données numériques générées par nos actes de la vie quotidienne, dans les domaines du transport, de l’énergie, de la santé, de la consommation…

En agriculture, le Big data trouve sa source dans les multiples capteurs électroniques qui s’invitent à bord des tracteurs, des machines de récolte, des drones, des robots de traite et d’alimentation. 

On les trouve également dans les bâtiments, dans les champs ou encore sur les animaux. Dans les champs, les systèmes de géolocalisation par satellite (GPS) constituent le point de départ du Big data. Ils permettent de faire le lien entre une position centimétrique dans une parcelle et toutes les opérations culturales qui y sont associées, du travail du sol à la récolte en passant par le semis, la protection, la fertilisation, l’irrigation…

Les ordres de travaux transitent via le réseau téléphonique de l’exploitation vers le tracteur connecté, la moissonneuse-batteuse connectée, le système d’irrigation connecté… 

Lesquels adressent en retour leur rapport d’application une fois le chantier réalisé. Finie l’astreinte des saisies. Place à la modulation intra-parcellaire, à l’optimisation de la logistique, à la maintenance à distance, à l’agriculture de haute précision.

Animaux connectés

L’élevage n’est pas en reste. La boucle électronique fixée à l’oreille des animaux constitue dans ce secteur le premier maillon du Big data. Le sésame pour identifier chaque animal et le préalable pour automatiser la traite, pour optimiser la reproduction grâce au monitoring des chaleurs et du vêlage, pour suivre les performances laitières en temps réel grâce aux compteurs et analyseurs de lait, pour piloter au plus juste l’alimentation grâce aux distributeurs automatiques de concentrés et autres robots d’alimentation et enfin, pour superviser l’état sanitaire du troupeau grâce au monitoring de la rumination, du métabolisme, de la physiologie et de l’ambiance des bâtiments. Grâce au relevé automatisé des numéros, la boucle électronique facilite également la gestion des animaux et la traçabilité dans la filière aval, au service des opérations de rassemblement (chargements, déchargements, pesée, tri des animaux), de négoce (enregistrement des achats, gestion des entrées/ sorties) et enfin, en abattoir. La collecte d’informations jusque-là insoupçonnées fournit à l’éleveur de nouvelles clés pour améliorer les performances globales de son atelier tout en améliorant sa qualité de vie et celle de ses animaux

L'Agriculture connectée : big tracteur

Smartphone à tout faire

L’incursion du Big data dans l’univers agricole est le résultat du développement tous azimuts de l’électronique. Les constructeurs de matériel agricole ont ouvert la voie il y a quelques années avec l’adoption d’une norme de communication entre le tracteur et les outils attelés. L’Isobus et son mode plug and play (branche et démarre) se jouent des marques et des couleurs en présence. Plus récemment, les éditeurs de logiciels ont emboîté le pas en adoptant avec l’IsoXml un langage informatique autorisant l’échange d’informations entre l’ordinateur de l’exploitation, le moniteur du tracteur, le capteur du drone… Et ce, toujours indépendamment des marques en présence. Les supports physiques (clé USB, cartes SD) cèdent le pas aux télécommunications via la 4G sinon les ondes (BlueTooth, Wifi). Le cloud permet un stockage sans limite des données et un partage ciblé avec son salarié, son conseiller, son concessionnaire, le tout accessible depuis son smartphone et ses applications multiples. Avec le numérique, le tracteur abandonne au passage et en petite partie son statut de pièce maîtresse de l’exploitation. Il est un peu moins libre de ses mouvements, placé qu’il est sous la gouverne du serveur central de tel ou tel constructeur et sur lequel transitent les ordres de travaux et l’enregistrement des opérations culturales. En attendant le jour où il s’affranchira du chauffeur…◆

Des abonnements entre 175 €/an et 500 €/an

Logiciel, modem cellulaire, connecteur amovible pour carte Sim, antenne GSM/GPS, ports de communication, console embarquée adaptée : l’agriculture connectée emprunte de nombreux composants informatiques et électroniques. Ils sont intégrés dans l’automoteur, en série ou en option, et sont donc facturés en même temps que l’achat de la machine, sinon en équipement complémentaire ultérieur. Télécommunications et services oblige, l’agriculture connectée suppose des abonnements. Chez AGCO, les services connectés (myagcommand.com) engendrent un coût annuel de l’ordre de 300 €. John Deere (myjohndeere.com) distingue plusieurs formules pour un tarif compris entre 175 et 500 €/an, la formule la plus évoluée intégrant notamment le transfert de données sans fil.

L'Agriculture connectée : big tracteur

Quelques années à patienter avant d’être interconnecté

Benjamin Fournès (Hte Garonne) Je suis convaincu que l’agriculture connectée sera la norme de notre métier dans quelques années mais c’est encore prématuré dans ma situation personnelle pour différentes raisons. Le besoin ne s’en fait pas encore ressentir. La taille de mon exploitation est également un facteur limitant du fait des coûts induits par les machines compatibles et les technologies concernées. En tant que jeune agriculteur, j’ai d’autres priorités en matière d’équipement. J’aimerais par exemple disposer d’un autoguidage mais je dois me contenter d’une barre de guidage. Dans 10 ans, il en sera sûrement autrement. Je vais faire en sorte de ne pas me déconnecter de cette évolution auquel cas je demanderai alors l’aide de mes enfants, de la même façon que j’assiste mon père face à un boîtier de commande tactile. »

Source : Raphaël Lecocq - JAMAG - n° 719 - Octobre 2015 

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Commentaires 14

constat

erreur , je ne loue pas l'hyperproductivité : c'est une impasse stackanoviste ; d'ailleurs les plus grosses exploitations perissent aussi ..pourquoi : parce que les parents ont payé de bonnes etudes a leurs enfants et que l'opportunnité de vies plus "réglées" , plus "sereines" se fait jour hors de l'agriculture ... et ce sera bingo si on vend la ferme pour acheter sa baraque ; quand un enfant reprend il n'aura de sa vie qu'a trimer pour indmniser ses freres et reproduire le scenar....

@constat

a merci enfin le chantre de la productivité ressort , ce qu'il faudrait a ces hyper productifs c'est le cours mondial sans rpimes , allez y les fiers a bras

Dada

Qd commercial je voyais des types en petites terres avec des cardans totalement absent, condition de sécurité ds l application des phytos nulle, des risques avec du materiel hors d usage des mecs qui trimaient dur pour pas un rond et des types la seule préoccupation est le défiscalisation des tracteur changes tous les 2 ans jamais en panne des conditions de travail incroyable des salariés avec un patron qui ne bossait plus tellement car trop de moyen mais quand il le faisait te recevait comme un sous homme même pas un chien... Ca m a dégoûté j ai changé de voie en agriculture on sait qui gagne trop en ne bossant pas assez sucrer leur les primes et donnez aux autres

constat

Recherche d'efficacité oblige tout est bon pour etre plus productif et c'est normal ; c'est ce qui a élevé le niveau de vie surtout des plus modestes , mais faudra l'expliquer aux bobos qui revent de voir le paysan trimer dans les champs la houe en main......

@abba

a ce niveau ce n'est plus un fossé par contre le fossé est bien creux et depuis bien longtemps je peux le dire pour avoir été conseiller de gestion dans le vexin , les patrimoines sont colossaux les pauvres morvandiaux comme mon pere qui ont trimé comme des esclaves n'imagine meme pas que ce soit possible de gagner autant....et ce sont les memes qui te rabachent a longueur de journée vive la meritocratie , les francais sont des faineants , tu parles la plupart ne mettent plus les pieds dans les champs salariés obligent et le systeme est organisé por avoir des rentes de situations

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