L’agriculture déborde d’énergies

GUILLAUME DE WERBIER

Les chambres d'agriculture sont engagées depuis plusieurs années dans les énergies renouvelables comme la méthanisation des effluents d'élevage et le bois énergie.
Les chambres d'agriculture sont engagées depuis plusieurs années dans les énergies renouvelables comme la méthanisation des effluents d'élevage et le bois énergie.

Les chambres d’agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire ont participé au salon Biogaz Europe et Bois Energie, qui s’est déroulé du 20 au 22 mars au Parc des expositions de Nantes.

Les agriculteurs ont un atout : posséder des ressources énergétiques locales, renouvelables et pérennes, à la seule condition, bien entendu, d’en assurer une gestion durable. Ainsi le linéaire de haies, les surfaces boisées, les effluents d’élevage et toutes ressources présentes sur les exploitations agricoles, et autres territoires ruraux, sont autant de litres de carburants ou de Kwh économisés. Ces valorisations bioénergétiques ont aussi l’avantage d’une contribution positive à la résolution des problèmes de société comme la dépendance énergétique, les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique.
Pour relever ce double défi énergétique et climatique, les chambres d’agriculture et leurs partenaires techniques et institutionnels, informent et conseillent les porteurs de projets intéressés par le bois énergie ou par la méthanisation.
Les chambres d’agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire ont justement profité de leur présence au salon Biogaz Europe et Bois Énergie (dont elles étaient partenaires) pour sensibiliser les visiteurs sur ces secteurs en plein développement.
« Les chambres d’agricultures accompagnent les agriculteurs, les collectivités, mais aussi les particuliers, pour les plantations d’arbres champêtres et forestiers », rappelle Jean-Charles Vicet, conseiller bocage à la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. « Les chambres sont compétentes dans les plans de mobilisation bocager, et viennent aussi en appui des sylviculteurs. »

Sur le salon, Jean-Charles Vicet a rencontré des agriculteurs souhaitant entretenir, gérer, et valoriser leurs haies, mais ne sachant pas comment s’y prendre. « Ils savent qu’une filière se met en place. Ils ne veulent plus brûler leurs branchages, mais plutôt les faire déchiqueter. Mais ils ne savent pas à qui s’adresser, ni si ça vaut le coût. » « Le déchiquetage est une meilleure valorisation du bois des haies de bocage », leur assure le conseiller, en précisant que la société coopérative Bois Énergie 44, aidée de ses partenaires, structure dans le département une filière d’approvisionnement en bois à usage énergétique. « La chambre d’agriculture peut aider les exploitants intéressés à mettre en place un calendrier sur dix ans pour entretenir et exploiter leurs haies dans un souci de gestion durable. Il y a aujourd’hui un capital bois énorme en Loire-Atlantique mais il faut le régénérer ! » Jean-Charles Vicet ne manque pas de souligner, en outre, que les questions sur les parcelles agroforestières, dont les chambres d’agriculture accompagnent l’implantation, n’ont pas manqué.
Les chambres d’agriculture ont aussi communiqué sur leur accompagnement des projets de méthanisation. En effet, comme le note Anne-Sophie Boileau, chargée de mission Énergie à la chambre d’agriculture, de plus en plus d’agriculteurs s’y intéressent, seuls ou en partenariat avec des collectivités ou des industries agroalimentaires. Ces dernières y trouvent un moyen de traiter leurs co-produits. Des agriculteurs peuvent être sollicités en amont du processus pour fournir du lisier ou du fumier et, en aval, valoriser le digestat, comme fertilisant organique des terres agricoles.
Les chambres d’agriculture orientent au mieux les porteurs de projet et les guident dans les différentes démarches à suivre, en proposant par exemple pour commencer, un pré-diagnostic visant à déterminer la viabilité d’un projet. « Ce pré-diagnostic permet de faire un état des lieux concernant le volume d’effluents disponibles, la nature de ces effluents, la saisonnalité », explique Anne-Sophie Boileau. « Le potentiel de production de biogaz est évalué. Parallèlement à la production d’électricité, il est aussi important qu’il y ait un projet de valorisation de la chaleur. C’est indispensable pour la rentabilité d’un projet. La chaleur peut être valorisée dans des bâtiments hors-sol de l’exploitation ou dans des serres. Elle peut être revendue à une collectivité ou à une entreprise. »
La priorité, souligne la chargée de mission Énergie, est que l’agriculteur reste maître de son projet : « L’installateur doit s’a-dapter au projet de l’exploitant, et non le contraire ! Dans le cadre de la création d’une unité de méthanisation sur un territoire, impliquant différents partenaires, les agriculteurs doivent être associés à la réflexion. »

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