L'agriculture face au changement climatique

Les impacts du changement climatique affectent tout particulièrement le secteur agricole. Outre les études et constatations, il est nécessaire aujourd'hui d'envisager les critères d'adaptation à mettre en place dans les différentes filières pour faire face à un réchauffement qui pourrait avoisiner les 2 ou 3 degrés d'ici 2100. C'est sur ce sujet que l'ACTA organisait un colloque ce jeudi.

Témoignage d'éleveur

François Giaccobi, éleveur de brebis laitières à 10km de Roquefort fait part de ses constatations. Les phénomènes météorologiques de cette année 2011, avec le printemps le plus chaud et le plus sec depuis 50 ans, ont posé des problèmes d'implantation de la fétuque et un décalage des pousses de ray grass. Résultat : " la sécheresse réduit l'autonomie fourragère des exploitations".

Il a donc été nécessaire pour l'éleveur de revoir sa condutie de troupeau, habituellement "le troupeau est dehors 8 mois et à l'intérieur 4 mois, cette année c'est l'inverse". La sécheresse impose également de revoir les assolements avec une culture de céréales à destination d'ensilage : "cela nous oblige à travailler la terre tous les ans et augmente la charge de travail".

Cas du blé

En parallèle avec l'augmentation de la population, une progression des rendements en blé est nécessaire pour nourrir l'humanité. Le blé, céréale majeure de notre alimentation, observe pourtant un plaffonement de ses rendements depuis la fin des années 80 notamment dû aux changements climatiques.

Louis Ringô, agriculteur dans le Pas de Calais, constate "en blé, le changement climatique annule le gain de rendement alors que la betterave continue de progresser".

En grandes cultures, les changements climatiques se traduisent notamment par une précocité des semis (en parallèle avec l'évolution des variétés). Le réchauffement joue en faveur du rendement des espèces de printemps comme la betterave ou le maïs alors qu'il engendre un plaffonement des rendements blé.

Les pays producteurs veulent parer au problème de productivité en relançant des programmes de recherche génétique comme le WHEAT RESEARCH INITIATIVE, projet lancé par la France en septembre 2011 pour coordonner et soutenir les recherches sur les céréales.

Du côté des vignerons

La principale perception du changement climatique dans les vignobles est une avancée des dates de vendange. Par exemple en bourgogne Denis Fetzmann, directeur des domaines Louis Latour, constate une précocité de 20 jours de ses vendanges. "Outre l'augmentation des températures, nous constatons une augmentation des aléas : périodes de pluie ou temps sec plus longues, plus forte fréquence des accidents de grêle".

A long terme, les progrès génétiques seront important pour permettre une adapation optimale au réchauffement, mais la "modification des pratiques agronomiques pourra également jouer un rôle".

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires