L’agriculture urbaine : quand la campagne est invitée à la ville

Marie Bonnier

L’agriculture urbaine : quand la campagne est invitée à la ville
Source : Gotham Greens

Nombreux sont aujourd’hui les débats autour d’une ruralité en recomposition. Les territoires sont à réinventer et le monde agricole est appelé à libérer sa créativité afin de contribuer à imaginer le monde de demain. Tels sont les objectifs de la Saf qui a organisé, en étroite collaboration avec Orée*, une journée sur le thème de l’agriculture urbaine.

L’agriculture urbaine est un phénomène récent. Accueillir la campagne à la ville est un sujet dynamique qui ne représente plus une utopie pour les citoyens mais est bien ancrée dans la réalité. C’est pourquoi il se situe aujourd’hui au cœur du cycle de réflexion de la Saf (Société des agriculteurs français).
 Vancouver, New-York, Berlin, Londres, Paris ou Nantes sont autant de villes où ce projet d’agriculture urbaine se concrétise par de nombreuses initiatives qui offrent aux urbains la possibilité de découvrir la campagne à travers des jardins partagés, des fermes pédagogiques ou encore des moutons broutant en bas des HLM de Saint-Denis.

Aux Etats-Unis, Michelle Obama a donné une réelle dynamique à ce sujet qui a permis de développer l’initiative. C’est ainsi qu’au cœur de l’une des plus grandes villes du monde, les new-yorkais peuvent désormais retrouver plus de 700 jardins et exploitations agricoles produisant des produits alimentaires. Nevin Cohen, professeur à l’Université New School de New-York, indique que ces nouveaux espaces agricoles au cœur de la ville se développent par la mise à disposition des parcelles vacantes, le verdissement des sites en construction abandonnés ainsi que l’utilisation des espaces marginaux pour la production.

Améliorer le lien entre urbains et ruraux

Les objectifs de cette agriculture urbaine sont non seulement de permettre aux citadins de retrouver le contact à la terre, en étant notamment un outil de pédagogie pour les enfants, mais aussi et surtout de soutenir une activité locale de qualité, d’améliorer le lien entre urbains et ruraux et de développer une agriculture « propre ».  Les conditions de vie dans les grandes métropoles étant de plus en plus compliquées, cette réappropriation de la nature permet également d’apaiser l’environnement dans lequel les urbains évoluent. Il est important de noter qu’un tel projet se présente comme une source de création d’emploi et un soutien pour la transformation et la distribution alimentaire.

Néanmoins, il est essentiel de se questionner sur l’influence du développement d’une agriculture urbaine au sein même des rapports sociaux entre citadins et agriculteurs. En effet, si cette initiative se pose comme un réel tremplin dans l’aménagement des territoires, elle ne représente aujourd’hui qu’une simple niche de marché. Serge Bonnefoy, secrétaire technique de Terres en ville, explique qu’il faudra compter au moins une ou deux générations afin qu’elle devienne une source d’alimentation importante. C’est pourquoi aujourd’hui les citadins doivent continuer de compter sur l’agriculture externe et ne pas prendre cette agriculture urbaine comme seul modèle de création de ressources alimentaires.

*Orée est une association regroupant de nombreux acteurs pour développer une réflexion commune sur les meilleures pratiques 
environnementales.

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