L’agroécologie fait débat à l'Assemblée

L’agroécologie fait débat à l'Assemblée

Tournant agroécologique prôné par la majorité contre intensification de la production défendue par l'UMP:le projet de loi d'avenir pour l'agriculture discuté jusqu'à la fin de la semaine à l'Assemblée voit s'affronter deux visions de l’agriculture dans un contexte de concurrence mondiale aiguë.

GIEE : disposition adoptée

L’agroécologie fait débat à l'Assemblée

Les députés ont adopté  la création des "groupements d'intérêt économique et environnemental" (GIEE), qui doit permettre à des agriculteurs se regroupant de bénéficier d'aides de manière préférentielle ou majorée.

Mais là encore pour l'UMP, "la priorité c'est bien la compétitivité, la simplification, l'allègement des charges" et "pas de faire des kolkhozes écologistes", a lancé pour le groupe Jean-Louis Costes. "Vous avez déjà perdu le combat idéologique, vous êtes en retard sur le terrain", leur a rétorqué le rapporteur socialiste Germinal Peiro. Suite à un appel à projet préfigurant les GIEE, le gouvernement aurait reçu 469 réponses, 103 ont été sélectionnées, représentant quelque 3.500 agriculteurs et 150 à 200.000 hectares".

L'agroécologie a maintenant une définition légale. Dans le projet de loi d’avenir, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, elle est en effet définie comme un "système de production privilégiant l'autonomie des exploitations agricoles et l'amélioration de leur compétitivité en diminuant la consommation d'énergie, d'eau, d'engrais, de produits phytopharmaceutiques et de médicaments vétérinaires".

Mercredi soir, la droite a vivement contesté cette définition.  Plusieurs intervenants de l'opposition ont accusé la majorité de vouloir "hiérarchiser les différentes formes d'agriculture" ou de "vouloir changer le métier d'agriculteur" en renonçant à en faire "un producteur", réduisant l'agriculture à "une activité occupationnelle, ludique". Pour sa part, Stéphane  Le Foll soutient que l'environnement est  "un enjeu de notre compétitivité ».

Un amendement pour promouvoir l’agriculture bio

Pour  Christian Jacob, chef de file des députés UMP, le ministre "s'enferme uniquement sur un concept environnemental", ce qui est "catastrophique pour le développement" du secteur, a-t-il tonné mercredi soir dans l'hémicycle. Face à une demande mondiale en forte expansion, c'est le moment selon lui "d'être très offensif et très agressif sur les marchés".

De leur côté, les écologistes  sont parvenus à faire voter un de leurs amendements introduisant la promotion de "la conversion à une agriculture biologique" comme l'une des finalités de la politique agricole, suscitant un tollé à droite. L'UMP Nicolas Dhuicq a parlé d'un retour "à un système d'exploitation post-néolithique" et à "l'âge d'or idéal d'avant l'apparition de la chimie".

En réaction, le socialiste Yves Daniel, producteur de lait et de porc bio, s'est érigé en exemple en assurant vivre de son métier et ne pas être "un paysan bobo". 

Le projet de loi, qui sera voté solennellement mardi, contient aussi des dispositions pour encadrer davantage l'usage des antibiotiques dans les élevages et des pesticides dans les champs.

Source avec AFP

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Commentaires 4

Beber12

Au risque de paraitre un peu barjot, je partage les avis de Max et Geo. Mais le chemin est étroit entre une meilleure qualité des produits, la nécessité de nourrir au moins tous les français et le maintien des emplois. Car n'oublions pas que l'agriculture n'est pas à l'écart du reste de l'économie,même si elle semble mieux résister pour le moment....
Attention à pas tout casser: l'agriculture et l'agroalimentaire restent le dernier maillon "fort" de nos territoires ruraux.

geo

Quand les députés discutent agriculture, ça donne place à cette mascarade. S'ils étudiaient le sujet, ils sauraient très bien que la France n'est qu'un minuscule pion de l'agriculture mondiale et, vu le niveau de développement de son agriculture comparé aux puissantes émergentes, sa place sur le marché diminuera (même avec un "plan compétitivité" ou toute autre trouvaille du genre). Ils sauraient aussi que le système actuel basé sur l'ouverture aux marchés démotive les jeunes repreneurs (un exploitant de plus de 55 ans sur deux sans repreneur). Enfin ils sauraient que l'agriculture conventionnelle qu'ils prônent réduit l'agriculteur à un simple maillon que l'amont et l'aval guideront à leur convenance de manière remarquable, sans le moindre scrupule.
L'agroécologie reste encore un concept vague. Mais il est temps de mettre fin à un système dont 95% des agriculteurs sortent perdants et de penser à reconsidérer le métier sous tous les angles (économique, social et environnemental). La seule solution passe par un changement des pratiques et une moindre dépendance au système.

max2484

Je suis effaré de voir les prélats de la FNSEA s'opposer à toute avancée vers la qualité.
Qu'ils continuent à prêcher l'intensif, ainsi ils continueront à ruiner nos éleveurs qui ne peuvent pas s'aligner sur les pays à bas coût et à désertifier nos campagnes!

narthex

Je n'ai pas d'avis sur ce sujet , par contre les députés de l'UMP nous montrent qu'ils ne savent vraiment pas de quoi ils parlent.....c'est grave pour les élus du peuple...si il savaient que la bio est souvent assez complexe voir très technique......ces gens là ne me feront pas croire qu'il ne sont pas les pions des lobbyistes........

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