L'aide européenne aux pauvres se heurte au refus d'une minorité d'Etats

Le maintien d'une aide européenne aux associations d’aides alimentaires en Europe a été bloqué jeudi par six États, dont l'Allemagne et la Suède, au grand dam de leurs partenaires européens.

Lors d'une réunion des ministres de l'Agriculture à Luxembourg, l'Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni, le Danemark, la République tchèque et les Pays-Bas ont maintenu leur opposition à ce que les fonds alloués au titre du Programme européen d'aide aux démunis (PEAD), tirés du budget agricole, soient utilisés à des fins de politique sociale.

 "C'est une preuve d'égoïsme, dans une Union européenne où on a besoin de solidarité", a déploré le commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos, en estimant qu'on ne pouvait "pas laisser tomber" ce programme "du jour au lendemain" et couper des fonds dont profitent chaque année 18 millions de bénéficiaires. Si rien ne se passe, "en 2013, ce programme risque même d'arrêter d'exister", a prévenu Dacian Ciolos.

"Les égoïsmes nationaux de six Etats l'ont emporté sur l'esprit de solidarité", a déploré le Français Bruno Le Maire, tout en précisant que le combat allait "continuer", et en exprimant la "conviction" d'obtenir in fine gain de cause. M. Sawicki n'a pas exclu que la question puisse désormais monter au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, qui se réunissent dimanche à Bruxelles.

"Un lamentable désastre"

Pour M. Le Maire, il est "inacceptable qu'en pleine période de crise économique et sociale, l'Europe décide de couper les crédits pour l'aide aux plus démunis: ça n'a pas de sens et ce n'est tout simplement pas juste". La ministre allemande Ilse Aigner, que le ministre français a rencontré à deux reprises lundi et mardi à Berlin, est restée sourde à ses arguments. "Nous ne voulons pas de politique sociale à l'échelle européenne", a-t-elle martelé.

"Sur le principe, l'aide aux personnes dans le besoin est bien sûr importante, mais c'est le devoir des Etats. Nous la finançons en Allemagne entièrement avec notre budget national et nous pensons avoir raison", a-t-elle souligné. "C'est un problème national qui doit être résolu à l'échelle nationale", a renchéri le Suédois Eskil Erlandsson.

"C'est la première fois que je suis aussi mal à l'aise, aussi gênée" de participer à une réunion des ministres européens, a résumé la ministre belge Sabine Laruelle, tandis que son homologue espagnole Rosa Aguilar a jugé que l'échec des négociations, jeudi à Luxembourg, était "un lamentable désastre".

Source d'après AFP

Sur le même sujet

Commentaires 2

schnorkel

En l'état actuel de l'europe, il vaut mieux que chaque état gère sa politique sociale . Il ne faut pas tout mélanger, tant qu'il n'y aura pas de législation sociale commune Quand aux plus démuni, si vous estimez avoir trop, n'hesitez pas à donner à vos organisations caritatives préférées .

Mario

Je suis d'accord avec M. Le Maire c scandaleux mais n'est-ce pas le fonctionnement des institutions européennes qu'il faut revoir pour éviter ce genre d'ineptie ?

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier