L'Allemagne veut continuer à cultiver toutes ses surfaces

L'Allemagne veut continuer à cultiver toutes ses surfaces
Le nouveau ministre allemand de passage à Paris (ministère de l'Agriculture)

Lors de l’inauguration de la semaine verte à Berlin, le nouveau ministre allemand de l'Agriculture a insisté sur la nécessité de cultiver toutes les terres agricoles disponibles, montrant peu de sympathie pour les mesures "vertes" prônées par Bruxelles.

"Nous avons une obligation éthique et morale de produire, de manière pérenne, des denrées alimentaires sur les surfaces que nous avons", a déclaré Hans-Peter Friedrich lors d'une conférence de presse dans le cadre du salon de l'agriculture de Berlin Grüne Woche, une de ses premières apparitions publiques depuis la constitution du nouveau gouvernement allemand le mois dernier.

M. Friedrich, issu comme sa prédécesseure, Ilse Aigner, du parti conservateur bavarois CSU, affichait ainsi son désaccord avec la création d'espaces écologiques, le maintien en jachère ou sous forme de prairies permanentes des surfaces cultivables allemandes.

Dans le cadre de la réforme adoptée en septembre de la Politique agricole commune (PAC) européenne, et qui s'appliquera à partir de 2015, 30% des aides versées aux agriculteurs européens doivent être conditionnées à des mesures de "verdissement" ("greening") destinées à rendre l'agriculture plus respectueuse de l'environnement.

Un groupe de travail franco-allemand sur l'agroécologie

"Nous avons décidé de ne pas rentrer dans le détail" et de laisser à chaque État-membre le loisir de fixer ses règles pour le greening, a précisé dans l'après-midi lors d'une conférence de presse à Berlin M. Ciolos, mais "les Etats-membres auront l'obligation de prouver que les mesures (prises) profitent à la biodiversité et à la qualité du sol", a-t-il précisé. "Si ce n'est pas le cas, nous refuserons leurs propositions", a ajouté le commissaire roumain.

Le président de la puissante fédération des agriculteurs allemands DBV, Joachim Rukwied, a salué quant à lui les propos du nouveau ministre allemand.  "Une utilisation productive (des surfaces), avec le recours à des engrais, est nécessaire, c'est aussi notre avis, parce que toute autre solution se traduirait par des baisses de revenus", a-t-il argumenté. 

Hans-Peter Friedrich a effectué la semaine dernière en France son premier déplacement en tant que ministre de l'Agriculture. Au terme d'une rencontre avec son homologue français, Stéphane Le Foll, les deux ministres ont souligné "une vision partagée visant à combiner impératifs de production et impératifs environnementaux ". Ils ont décidé la constitution d'un groupe de travail franco-allemand sur l'agro-écologie.

En Allemagne, M. Friedrich ne semble pas avoir l'intention de soutenir plus intensément l'agriculture bio, dont la croissance reste nettement en-dessous des objectifs fixés il y a quelques années. "C'est le consommateur qui décide en dernière instance ce qui doit être produit", a-t-il argumenté, "nous ne pouvons pas faire de certains segments des niches subventionnées". 

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Commentaires 3

serg

a contrepied de la France .. ici ce n'est plus le cartesianisme qui est au manettes ...

artban

et ils ont raison, au moins eux ils ont les pieds sur terre.

alain89

le réalisme allemand est à saluer.
En France, nous nous perdons dans des idées fumeuses qui coûtent beaucoup au détriment de ce qui marche d'où notre déclin à grande vitesse. Bien sûr qu'il faut utiliser avec parcimonie la chimie sans refuser le progrès technique. Si nous produisons moins nous aurons moins à vendre, avec son corollaire la régression sociale

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