L’ex Canadian Wheat Board repris par Bunge et un fonds saoudien

Crédit-Agricole-Sa - Service Agriculture et Agroalimentaire

L’ex Canadian Wheat Board repris par Bunge et un fonds saoudien

Le CWB, autrefois porteur de l’ancien monopole sur la commercialisation du blé au Canada levé en 2011, va être repris par un partenariat intitulé Global Grain Group. Celui-ci est basé à Winnipeg mais détenu en majorité par le groupe agro-industriel Bunge et également par Salic Canada Ltd, une filiale du fonds saoudien Agricultural & Livestock Investment Company. Ces investisseurs en détiendront 51 %, les 49 % restants étant attribués à un trust composé de producteurs agricoles, avec une option de rachat pour la société majoritaire dans 7 ans.

commentaire

Le bureau canadien du blé faisait partie des nombreux offices de commercialisation institués dans des pays anglo-saxons, qui ont été peu à peu privatisés. Le CWB, dont le monopole avait été levé par le gouvernement conservateur canadien, devait être cédé avant 2016. Les actions sont remises à 3G en échange d’un engagement d’investissement de 250 millions de dollars.

Le bilan du CWB fait l’objet de profondes divergences de vues, certains fermiers ayant manifesté pour dénoncer la privation de liberté commerciale et insistant sur le besoin de concurrence, d’autres soulignant le confort et la stabilité apporté par ce système ainsi que la performance logistique, et aussi la préservation du niveau de qualité qui est celui du blé canadien. Des procès sont en cours contre la libéralisation, qui n’ont pas obtenu jusqu’à présent d’issue favorable. Une offre de reprise proposée par des producteurs a été rejetée en 2014.

Le nouveau système offre manifestement des possibilités nouvelles aux négociants, locaux et internationaux, sur le marché canadien. Il reste à voir si ceci profite aussi aux producteurs, la concurrence ainsi créée étant limitée par la concentration croissante à l’aval et la puissance des négociants.

 Le fonds Salic fait partie des moyens mis en place par l’Arabie saoudite pour approvisionner le pays qui est en train, pour préserver ses ressources en eau, de renoncer à la production de céréales (mais pas à l’élevage). Les fonds saoudiens de ce type ont acheté des terres en particulier en Europe de l’est et en Ukraine. L’investissement au Canada vise à se rapprocher d’une ressource stable. L’Arabie saoudite était un des principaux débouchés du Canadian Wheat Board avant la dérégulation.

source - Prisme - note de la conjoncture Agriculture et Agroalimentaire - n° 09 - Juin 2015

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier