L’extraction des arbres par les airs

J.-M. authié

Un mât bien fixé sur son tracteur, sécurisé par les arbres autour de lui, un chariot téléphérique qui achemine les bois par la voie des airs... la technique par câble mât a séduit les propriétaires forestiers.

Une nouvelle technique d’exploitation par câble mât a été présentée, jeudi à Leucamp, aux propriétaires forestiers.

 

Depuis cinq ans, l’Office national des forêts (ONF) développe une technique d’exploitation par câble mât pour les forêts de moyenne montagne. Elle cherchait une entreprise régionale prête à s’investir dans cette démarche. C’est désormais chose faite avec BFA (Bois et forêt d’Auvergne). Cette technique d’exploitation a été présentée le 10 mai à Leucamp. Que la forêt soit communale ou bien privée, son exploitation par câble mât peut intéresser un grand nombre d’exploitations, surtout dans des zones où l’accessibilité et l’exploitation par elle-même sont compliquées, voire impossibles. Le chantier d’entretien de 17 hectares de Douglas de Leucamp, programmé depuis longtemps par l’ONF, visait à prouver le bien-fondé de cette technique innovane.

Une entreprise auvergnate pour la forêt auvergnate

 

“C’est le premier chantier de ce type en Auvergne, expliquait Joël Garestier, directeur de l’ONF Auvergne. La technique existe depuis longtemps et a été surtout développée en Autriche, en Tchéquie. Peu d’entreprises françaises se sont lancées dans cette aventure. Mais nous avons voulu inciter les entreprises, surtout les Auvergnates, à se lancer. C’est le cas aujourd’hui avec BFA”. La technique par câble mât permet d’installer un matériel rapidement. Ensuite, un tracteur équipé permet, via un câble téléphérique d’extraire les arbres par les airs. “Le bois n’a aucun impact sur les sols. Il faut trois hommes pour réaliser cette opération : deux en contrebas qui s’occupent de couper les arbres et de les fixer sur le chariot ; un en haut pour réceptionner et, grâce à une pelle spécifique, débiter les produits en fonction du diamètre et de la qualité”, précisait Éric Paillot, gérant de BFA. À Leucamp, la commune s’est efforcée d’élargir la piste forestière pour permettre aux engins de travailler. “Une exploitation traditionnelle, sur une parcelle à forte pente, n’aurait permis de retirer que 250 m3 de bois. Avec le câble mât, nous pourrons extraire 1 500 m3”. Au-delà de la technique, l’ONF a estimé à 100 000 m3 le volume de bois exploitable par la technique du câble mât en Auvergne. Il y a donc du travail en perspective pour BFA, qui a beaucoup investi dans le matériel, et à qui l’ONF va assurer plusieurs chantiers dans les deux-trois prochaines années. Le coût d’exploitation étant plus élevé, BFA se charge de faire l’avance aux communes avant de reprendre sa mise par la vente des bois. Un fonctionnement d’autant plus bénéfique pour les communes qu’elles récupèrent très souvent, à l’arrivée, un solde régulièrement positif.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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