L'UE et le Mexique s'entendent sur un nouveau traité de libre-échange

AFP

L'UE et le Mexique s'entendent sur un nouveau traité de libre-échange

L'Union européenne et le Mexique ont annoncé samedi à Bruxelles avoir conclu "un accord de principe" pour moderniser le traité de libre-échange qui régit leurs relations commerciales depuis 2000.

 

"Des questions techniques" restent à résoudre entre les négociateurs avant de finaliser l'accord, ont précisé dans un communiqué conjoint les commissaires européens Cecilia Malmström (Commerce) et Phil Hogan (Agriculture), et le ministre mexicain de l'Economie Ildefenso Guajardo Villarreal. Mais cette finalisation est attendue "d'ici à la fin de l'année", selon la Commission européenne, qui a précisé dans un second communiqué que le texte devait ensuite être soumis au Parlement européen et aux 28 Etats membres.

L'accord, auquel les deux parties comptaient initialement parvenir l'an dernier, se traduit par une franchise de droits pour "pratiquement tous les échanges de marchandises entre l'UE et le Mexique (...), y compris dans le secteur agricole", d'après Bruxelles. Promettant un accès facilité au marché mexicain pour le lait en poudre, les fromages, chocolat, pâtes ou le porc produit en Europe, il va aussi protéger 340 appellations du Vieux-continent dans les secteurs alimentaire et des boissons, ajoute le communiqué de la Commission.  

L'accord, qui prévoit de libéraliser l'accès mutuel aux services (e-commerce, télécoms etc) et aux marchés publics, contient aussi un volet de lutte contre la corruption et le blanchiment d'argent, ce qui est présenté comme une première dans un traité de libre-échange. Il n'est en revanche pas fait allusion au secteur automobile mexicain, un domaine qui comptait parmi les points d'achoppement ces dernières semaines. Dans un tweet, Mme Malmström s'est félicitée d'avoir "conclu un accord de libre-échange moderne et complet en moins de deux ans", présentant le résultat obtenu comme "bon pour les consommateurs et les entreprises" des deux côtés de l'Atlantique.

'Augmentation de 148%'

L'UE et le Mexique avaient ouvert en mai 2016 des négociations en vue de moderniser leur traité, essentiellement consacré aux produits industriels, en incluant aussi des produits agricoles, des services et des marchés publics, ainsi que des dispositions sanitaires ou environnementales. Ils avaient accéléré les discussions quelques mois plus tard, en février 2017, peu après l'entrée en fonction du président américain Donald Trump à la Maison Blanche. Il a lancé la rénégociation de l'Aléna, le traité de libre-échange entre son pays, le Mexique et le Canada.  

C'est lundi à Bruxelles que les équipes de négociations européenne et mexicaine avaient entamé la dernière ligne droite des discussions, la Commission ayant comme objectif de mettre cet accord bilatéral au niveau de celui signé avec le Canada, le CETA, dont l'UE veut faire un modèle.   Sur fond de tensions commerciales avec les Etats-Unis, l'exécutif européen avait déjà annoncé cette semaine le lancement de la procédure de ratification de ses accords avec Singapour et surtout le Japon, le plus important qu'elle ait jamais conclu, en vue de leur entrée en vigueur en 2019. De son côté, le Mexique a été le premier pays d'Amérique latine à signer avec l'UE, en 1997, un accord commercial, entré en vigueur en 2000, qui a permis d'instaurer une zone de libre-échange entre les deux parties.  

Depuis 2000, le commerce entre les deux zones a progressé chaque année d'environ 8%, soit "une augmentation globale de 148%" en dix-huit ans, selon  Bruxelles. Les exportations mexicaines vers l'UE --toujours d'après la Commission-- ont atteint 24 milliards d'euros en 2017. Le pays reste néanmoins beaucoup plus lié aux Etats-Unis, où il écoule 80% des ses exportations. L'UE a pour sa part exporté en 2017 à hauteur de 38 milliards d'euros vers le Mexique, qui est son 12e partenaire commercial.

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Commentaires 1

1584

les consommateurs vont pouvoir manger mexicain..... Hullot demande une pac plus verte.... et ainsi de suite

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