L'usage du chlorpyriphos-éthyle sera restreint, promet Stéphane Le Foll

L'usage du chlorpyriphos-éthyle  sera restreint, promet Stéphane Le Foll
Le chlorpyriphos-éthyl est notamment utilisé sur vigne (DR)

Une substance active, insecticide, le chlorpyriphos-éthyl, devrait voir ses usages limités voire interdits dès cette année en France, a assuré le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, en raison de la "dangerosité" pour la santé de ce composé à usage agricole.

Interrogé sur le cas de cette substance dans l'émission "Cash Investigation" (France 2) consacrée aux effets des pesticides sur la santé des enfants qui sera diffusée mardi, le ministre reconnaît que "cette substance est dangereuse". Stéphane Le Foll indique attendre les résultats d'un rapport de l'Agence nationale de sécurité alimentaire et sanitaire (Anses): "En fonction, ce produit verra ses usages au mieux réduits, et pour certains, complètement arrêtés", indique-t-il.

L'Anses, qui décide depuis mi-2015 de la mise sur le marché des phyto-sanitaires, et non plus le ministère de l'Agriculture, s'est saisie de ce cas après que l'agence européenne (Efsa) a revu à la baisse les valeurs admissibles de ce neurotoxique, jugé par des études comme dangereux pour le développement cérébral des enfants in utero.

Le chlorpyriphos-éthyl vise à lutter contre certains pucerons des céréales à pailles et chenilles des certains fruits et légumes mais aussi en viticulture contre les cochenilles, cicadelles ou autres tordeuses de la grappe.

L'Anses devrait publier son évaluation fin février, début mars, a indiqué le professeur Gérard Lafargues: "la baisse des valeurs toxiques de référence (au niveau européen) va probablement conduire à limiter grandement le nombre d'usages", prévoit le directeur général adjoint des affaires scientifiques de l'Anses.

L'Anses mène par ailleurs un vaste travail sur le glyphosate et doit rendre un premier avis sans doute en février.

Stéphane le Foll : "Je l'ai dit, que si l'on ne faisait rien c'était une bombe à retardement"

Pour leur enquête, les journalistes de Cash Investigation ont parcouru les vignobles du Bordelais, la Californie arboricole, ou encore Hawaï, devenu terrain d'expérimentations, en tentant de faire réagir les géants de l'agro-chimie et en interviewant des scientifiques qui sonnent l'alarme.

Interrogé par Elise Lucet sur la dangerosité de nombreuses molécules, M.Le Foll répond: "Je l'ai dit, que si l'on ne faisait rien c'était une bombe à retardement".  "La dangerosité fait qu'il faut avoir des méthodes d'application évitant justement des conséquences sur la santé", dit-il. "Et je me bats pour que ce soit réduit", a-t-il ajouté, rappelant l'objectif du plan Ecophyto 2 de moins 50% de produits phytosanitaires d'ici 2025.

 

Source AFP

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Commentaires 2

ALPAGA341

les produits phytosanitaires sont 10 fois plus puissants dont 10 fois plus de risques pour les utilisateurs....

AIGLE201

Ecophyto 1 c'était déjà -50%: les meilleurs ont fait -12% et c'est eux qui servent de modèle pour Ecophyto 2 ??? Ecophyto 2 c'est du fric pour les entreprises de diagnostic et de conseil mais rien pour l'exploitant et rien pour la diminution réelle des phytos...

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