La Chine fait barrière depuis cet été aux importations de drèches génétiquement modifiées des Etats-Unis

CA SA

La Chine fait barrière depuis cet été aux importations de drèches génétiquement modifiées des Etats-Unis

S’agit-il d’une véritable préoccupation OGM ou d’un prétexte géopolitique.

La Chine demande depuis fin juillet que les drèches importées des Etats-Unis soient certifiées exemptes d’une variété OGM de maïs. Il s’agit du MIR 162 de Syngenta, qui n’est pas autorisé en Chine. Ceci fait suite à l’interdiction depuis la fin de 2013 des importations de maïs comportant la même variété OGM. Les flux de drèches vers la Chine étaient en moyenne de 500 000 t par mois depuis 2013.

Les drèches de distillerie sont le co-produit de la production d’éthanol carburant aux Etats-Unis, qui consacrent à cette utilisation 36 % de leur récolte de maïs. Les drèches sont valorisées comme aliment du bétail protéiné (moins toutefois que le tourteau de soja) et plutôt adaptées aux vaches laitières. Elles sont aussi utilisées pour remplacer le maïs. Elles constituent une composante du revenu des éthanoliers.

Les drèches des Etats-Unis sont massivement exportées vers la Chine. Il n’est pas envisageable de certifier l’absence d’un trait OGM dans les drèches, et le flux d’exportation vers cette destination sera amené à s’interrompre, avec un impact sérieux sur le marché, estimé par la profession à 2 à 3 milliards de dollars de manque à gagner. Ceci intervient dans un contexte actuel de baisse généralisée des prix des grains : l’érosion qui s’était arrêtée au début de 2014 a repris depuis mai, avec les bonnes récoltes en train d’être engrangées en 2014.

La récolte chinoise de maïs elle-même est attendue à un niveau record, avec des stocks prévus en hausse par rapport à un niveau déjà élevé, ce qui constitue une explication éventuelle aux freins officiellement imputés aux OGM non autorisés. Depuis 2013, des rejets de cargaisons de maïs sont intervenus pour ce motif, dont le total dépasserait 1 Mt. Tant que le maïs seul était concerné, l’hypothèse ’une motivation protectionniste était confortée, mais le blocage des drèches va dans le sens d’une véritable opposition à cet OGM importé, d’autant que la baisse des drèches peut amener les éleveurs chinois à acheter des produits de substitution également importés et plus chers.

Le MIR 162 est autorisé à la vente dans plusieurs pays, dont la zone UE depuis 2012. Il était en cours d’examen en Chine depuis 2013.
Certains analystes considèrent que la Chine est en partie mue par le souci de développer ses propres variétés OGM, d’où le refus des
produits importés. Mais elle a, en août 2014, approuvé une dizaine de variétés OGM de soja et de maïs pour l’importation en provenance du Brésil, des importations qui se développent au détriment des Etats-Unis. Il n’est pas exclu qu’il s’agisse d’une forme de représailles suite à un ensemble de différends ayant concerné des entreprises étasuniennes implantées en Chine

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