La consommation d'énergie directe des exploitations agricoles : Un enjeu énergétique bien compris

B.BOUCHOT d'après Agreste

Depuis le premier choc pétrolier de 1973, la performance énergétique de l'agriculture s'est nettement améliorée. Mais certains secteurs de production restent encore très vulnérables à une hausse du prix de l'énergie.

Trente-cinq millions d'euros seront consacrés en 2009 au plan de performance énergétique des exploitations agricoles. Ces crédits ont vocation à financer des diagnostics énergétiques et des projets de maîtrise de consommation d'énergie et de production d'énergies renouvelables. Que trois exploitations sur dix soient performantes énergétiquement d'ici 2013, tel est en effet l'objectif proposé dans le cadre du Grenelle de l'environnement.

Où en est l'agriculture française à cinq ans du délai fixé ? La question se pose avec acuité, dans un contexte marqué par les récentes turbulences des prix du pétrole, le fioul domestique atteignant un pic record à l'été 2008 à près de 100 euros par hectolitre, pour retomber à moins de 60 euros par hectolitre en mars 2009.

Moins de 2 % de la consommation

Sur une consommation d'énergie nationale, tous secteurs confondus, de 162 millions de tonne équivalent pétrole en 2007, l'agriculture représente un peu moins de 2 %, part voisine de sa contribution au PIB. Sa consommation privilégie davantage les produits pétroliers que le gaz naturel et l'électricité. Elle alimente essentiellement les tracteurs et autres véhicules agricoles (fioul domestique, et dans une bien moindre mesure gazole et essence), le chauffage des élevages (électricité et gaz propane, butane), des séchoirs et des serres (fioul domestique et gaz propane, butane ou gaz de réseau).

 

7800 euros par exploitation

En 2007 d'après le réseau d'information comptable agricole(RICA), les dépenses consacrées à l'énergie directe atteignent 7800 euros en moyenne par exploitation, dont 5100 en carburants et combustibles dont le coût est directement lié au prix du pétrole. Si les dépenses totales en énergie représentent environ 9 % du total des charges variables (5 % du total des charges totales), celles directement liées au prix du pétrole en représentent 5,6 %, soit moins que les engrais (9,3%). C'est le cas dans la plupart des orientations, à l'exception du maraîchage et de l'horticulture où l'énergie totale représente environ 17 % des charges variables. La plupart des exploitations subissent également la hausse du coût du pétrole de manière indirecte à travers les engrais azotés. Rapporté au chiffre d'affaires y compris subventions, le poids des charges en énergie directe est assez stable pour l'ensemble des exploitations. En 2007 il pèse pour 4,4 %. Il varie selon les spécialisations, allant en 2007 de 2,2 % en viticulture d'appellation à 9,6 % en maraîchage et horticulture. Mais la très grande majorité des exploitations se situent dans une fourchette de 4 à 5 %. Depuis 1970, ce ratio oscille entre 4 et 5 %. Le maraîchage, où l'énergie directe atteint 10 % du chiffre d'affaires en 2007, voit son ratio fluctuer entre 6 % et 11 % depuis 1970.

 

Une consommation d'énergie mieux maîtrisée

Le rapprochement des volumes d‘énergie directe consommée et des volumes produits permet d'estimer un indice d'efficacité énergétique des exploitations agricoles. Il peut être mesuré comme le rapport entre les évolutions en volume de l'énergie consommée de façon directe et de la production. Entre 1970 et 2007, ce rapport diminue tendanciellement de 2 % par an, avec les mêmes ruptures que pour la consommation par hectare. La performance énergétique de l'activité de production agricole s'est donc améliorée d'autant. La tendance est particulièrement nette entre 1970 et 1985, période de forte croissance du volume de la production agricole. Cette amélioration des performances énergétiques de l'agriculture est à mettre au compte notamment des évolutions techniques (consommation des tracteurs, isolation des bâtiments).

 

Source Agreste

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