La culture de la stévia : Un édulcorant naturel

La Chambre d'agriculture de l'Hérault, confrontée aux problématiques des friches et de la crise dans la viticulture, expérimente depuis quelques mois la culture de la stévia, un édulcorant naturel, qui commence à susciter beaucoup d'intérêt dans la région.

A Marsillargues, au sud-est de Montpellier, les plants couvrent un demi-hectare, sur les 41 du Centre d'expérimentation horticole (CEHM). D'autres tests sont menés à Béziers et chez un particulier. Soit « trois sols différents et trois micro-climats », explique Jean-Charles Tastavy, l'élu à la Chambre d'agriculture chargé du projet. Un élu enthousiaste quand il parle de ce substitut naturel, sans calories, au sucre et aux édulcorants chimiques. Mâchouillant une feuille prélevée directement sur une tige et qui laisse dans la bouche un arrière-goût de réglisse, M. Tastavy souligne que la plante, originaire d'Amérique du Sud, « arrive à être 300 fois plus sucrante que le sucre, à poids égal ».

Mais, objet de controverses en raison de supposés effets contraceptifs, son utilisation a été longtemps interdite dans l'Union européenne comme aux Etats-Unis, « alors que la stévia est utilisée depuis 40 ans au Japon », note M.Tastavy. Les réglementations ont peu à peu évolué au sein de l'UE, aux Etats-Unis et en France, pays qui a finalement autorisé une de ses molécules, la Rébaudioside A, d'abord dans l'industrie alimentaire, puis comme édulcorant de table, à partir de septembre 2009.

Ses débouchés ne manquent pas: les industriels, tels Danone, Coca-Cola ou Pepsi, y ont de plus en plus recours pour leurs yaourts, sodas ou autres boissons aux fruits, pour satisfaire le goût des consommateurs pour les produits allégés et pour un édulcorant naturel. L'objectif de l'expérimentation héraultaise, financée à 50% par le conseil général et menée avec le concours d'un industriel français, est de savoir s'il est possible de « mettre en place une véritable filière de la stévia » en France.

« On s'est fixé trois ans avant de tirer les conclusions de l'expérimentation », note M. Tastavy, tempérant ainsi l'impatience qui commence à poindre dans la région. Celle notamment de vignerons qui voient dans cette plante une alternative à la vigne et à la politique d'arrachage mise en oeuvre pour lutter contre la crise de la viticulture. Pour M. Tastavy, la stévia permettrait aussi de « remplir ces friches qui commencent à devenir inquiétantes », en particulier en terme de risque incendie. Enfin, elle pourrait assurer « des débouchés pour les jeunes, qui ne s'installent plus ».

Source AFP

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