La famille aubrac réunie à Neuvéglise

C.F.

Sous le soleil de Neuvéglise, le concours départemental de la race aubrac, ses 44 éleveurs et ses 420 animaux, ont déplacé les foules dimanche.

Si toutes les personnalités présentes lors de ce nouveau départemental aubrac se sont accordées à l'occasion de leurs interventions à reconnaître à la race aubrac toutes ses lettres de noblesse, à l'heure du défilé et des prix, le président Christian Bos a évoqué la crise “sans précédent que traverse l'élevage, les prix à la production qui stagnent depuis 30 ans alors que les charges font des bons spectaculaires avec un effet ciseau sur le revenu agricole, une succession de diverses crises et autres calamités. L'élevage est en décrochage économique et les branches génétique et sélection sont les plus impactées.” Depuis 30 ans, la génisse aubrac de 30 mois qui était “le fer de lance de la sélection et de l'expansion est devenue le parent pauvre et les vendre n'est plus une opération commerciale mais de dégagement afin de ne plus les avoir à charge ces animaux… Difficile dans ces conditions de défendre un revenu…”

“Une année blanche pour passer ces années noires”

Depuis plus de dix ans, les éleveurs attendent en effet une hausse annoncée des prix à la production et si, à long terme, les indicateurs sont jugés au vert, “pour les six prochains mois, ils sont au rouge et l'hiver sera celui de tous les dangers, au vu des trésoreries et des stocks de fourrage…”, craint le nouveau président. D'où son exaspération face au “manque de décisions gouvernementales, cohérentes et efficaces, alors que ce qui ne coûterait pas cher et serait efficace serait le report d'un an des annuités : une année blanche pour aider à passer ces années noires.” Exaspération, mais espérance aussi “dans l'aubrac et ses valeurs, ses qualités raciales de plus en plus appréciées et adoptées aux quatre coins de France, mais aussi au-delà de nos frontières.” Espérance encore “d'un broutard pur ou croisé qui poursuit sa progression à l'export.” Un export dont le thème était repris par Patrick Bénézit : “Depuis quelques semaines, les choses bougent en notre faveur et le Sommet de l'élevage, de par la présence d'éleveurs étrangers, prouve que notre stratégie se concrétise. Cette augmentation des prix, il nous la faut ! C'est la seule condition pour pérenniser notre métier et, si des abattoirs se plaignent de ne pas avoir assez d'animaux, alors, qu'ils payent le prix voulu !” Un message du président de la FDSEA, directement adressé à Bigard, il ne s'en est pas caché…
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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