La FAO encadre l'achat de terres dans les pays pauvres

La FAO encadre l'achat de terres dans les pays pauvres
L'Afrique subsaharienne est une des cibles principales des achats de terre (DR)

Le comité de sécurité alimentaire mondiale de la FAO adopte des directives pour encadrer l'achat de terres à travers le monde, une première saluée par les ONG qui ont regretté cependant que les mesures préconisées ne soient pas contraignantes.

L'accaparement des terres arables par certains pays et investisseurs privés dans des zones pauvres suscite la polémique en particulier depuis la flambée des prix alimentaires de 2008. C’est pourquoi  124 pays, sous l’égide de la Fao, ont adopté un ensemble de directives visant à encadrer les achats de terres agricoles à travers le monde. Les discussions ont réuni, pour la première fois, les Etats, le secteur privé, la société civile et les organisations internationales.

 "Des droits fonciers inadaptés et non sécurisés augmentent la vulnérabilité, la faim, la pauvreté et peuvent conduire à des conflits et des dégradations environnementales", explique la FAO.

Égalité des sexes pour l’accès à la terre

La FAO insiste donc sur les droits des peuples autochtones, l'égalité des sexes pour l'accès à la terre mais aussi l'importance de la transparence et de l'information des populations.  En outre, le document appelle "les investisseurs privés à respecter les droits de l'homme et de propriété légitime".

Sur les expropriations qui ont provoqué des conflits en Chine, le texte demande aux gouvernements "une évaluation juste, des dédommagements rapides"  et de limiter cette pratique aux cas vraiment nécessaires.

Reconnaissance des droits fonciers non écrits

"Un point important du document est la reconnaissance de la propriété informelle de la terre : c'est fondamental pour des millions d'agriculteurs, producteurs et artisans pêcheurs", a aussi indiqué M. Graziano.

Concernant la ruée sur les terres cultivables, sans la dénoncer complètement, la FAO demande aux Etats de se prémunir contre "les risques que les transactions à grande échelle de droits fonciers sont susceptibles de présenter". Pour cela, l'organisation de l'ONU préconise notamment d'"édicter des règles transparentes concernant l'échelle, la portée et la nature des transactions autorisées et définir ce qui constitue, sur leur territoire, une transaction à grande échelle".

200 millions d’hectares vendus ou loués

Depuis plusieurs années, les ONG dénoncent l'impact globalement négatif de la course à la terre dans les pays pauvres, en Afrique et Asie notamment. Les chercheurs estiment que plus de 200 millions d'hectares de terres, soit environ huit fois la taille du Royaume-Uni, ont été vendus ou loués entre 2000 et 2010, souvent au détriment des populations locales.

Les ONG ont applaudi l'adoption du document, louant l'implication de la société civile dans son élaboration mais critiquent son côté « volontaire », les Etats ne sont donc pas contraints de les respecter.

"Ces directives sont très positives, elles vont contribuer à une distribution plus juste de la terre, des forêts et des zones de pêche", estime le  mouvement paysan international La Via Campesina. Mais "il est urgent que les gouvernements les utilisent pour adopter des législations obligatoires", recommande-t-il.  "L'adoption de cette directive est un premier pas, une avancée notable mais il ne faut pas en rester là", estime pour sa part Renée Vellvé, cofondatrice de Grain. Clara Jamart d'Oxfam France regrette que "les Etats n'aient pas obligation d'appliquer ces mesures".

Autre bémol pour les ONG : le texte occulte le problème des ressources en eau pourtant primordial pour la sécurité alimentaire.

Source avec AFP

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