La FNSEA 44 et JA 44 rencontrent le préfet de Loire-Atlantique

Jean-Philippe Arnaud

Christian de Lavernée, préfet de Loire-Atlantique, a accueilli une délégation de responsables de la FNSEA 44 et de JA 44. En attendant une seconde entrevue dans les prochaines semaines.
Christian de Lavernée, préfet de Loire-Atlantique, a accueilli une délégation de responsables de la FNSEA 44 et de JA 44. En attendant une seconde entrevue dans les prochaines semaines.

Christian de Lavernée, préfet de Loire-Atlantique, a répondu favorablement, et rapidement, à la demande de rencontre de la FNSEA 44 et de JA 44. En attendant une seconde entrevue dans quelques semaines.

Après une première rencontre conviviale à l’occasion de la fête de l’Agriculture organisée par JA 44 début septembre, Christian de Lavernée, préfet de Loire-Atlantique, a accueilli une délégation de responsables de la FNSEA 44 et de JA 44. Le ton, sans être austère, était cette fois-ci plus grave.

Secteur d’activité en péril

« Monsieur le préfet, nous vivons dans un département très dynamique », introduit Alain Bernier, président de la FNSEA 44. « La production agricole et les nombreuses entreprises agroalimentaires constituent une force économique incontournable. Pourtant, depuis quel­ques mois, le coût de l’aliment ou de l’énergie n’ont de cesse d’augmenter. Ce qui met en péril notre secteur d’activité ».
Détaillant les principes de l’accord du 3 mai 2011, les responsables des sections animales de la FNSEA 44 présents à cette rencontre (lait, viande bovine, volailles, porc) illustrent les conséquences de ces fluctuations dans chacune des productions. « En production porcine, l’aliment est souvent le principal poste de charges », explique Frédéric Bossard. « Mais l’augmentation des coûts alimentaires est aggravée par les mesures de mise aux normes que nous subissons actuellement ». Des mesures synonymes de charges supplémentaires, sans que celles-ci ne soient compensées par des gains de compétitivité ou de productivité.
« En volailles, une hausse de 16 % du kilo de poulet vendu de l’éleveur au transformateur représenterait une augmentation au consommateur de 30 centimes seulement par poulet standard, à marge constante de la grande distribution », poursuit Christophe Labour. Sans compter que ce pourcentage n’équivaut qu’à la hausse du prix de l’aliment, et pas à celui de l’énergie ou des fournisseurs et prestataires divers qui ont aussi augmenté leur facture.
Inquiet des conséquences sur l’attractivité du métier et donc sur l’installation, François Guyot, président de JA 44, se veut pragmatique. « Il est plus simple et actuellement plus rentable de cultiver des céréales que de se lancer dans l’élevage, surtout lorsque l’on voit le la parcours du combattant que constitue une création ou une ex­ten­sion d’élevage. Jusqu’à quand va-t-on accepter cette disparition silencieuse de l’élevage ? »

Quelles solutions ?

Des mesures d’urgence doivent être engagées rapidement. Le préfet de Loire-Atlantique s’est ainsi engagé à entrer en contact avec le cabinet du Ministre de l’Agriculture pour connaître les suites données aux réunions annoncées pour le mois d’octobre par Stéphane Le Foll.
Pour autant, des évolutions d’ordre structurel sont à envisager. « On confond organisation de filières et entente illicite », soulève Mickaël Trichet, responsable viande bovine. « Dès que des entreprises veulent mieux gérer l’offre, elles sont taclées par la répression des fraudes : c’est donc la loi du silence et c’est ce qu’il faut faire bouger », conclut-il.
Relayant les inquiétudes de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), association spécialisée de la FNSEA, Christophe Sablé aler­te quant à lui sur la gestion des quotas pour la fin de campagne. « Avec la fin de la pénalité quota, c’est comme si nous nous retrouvions dans une voiture sans freins, alors que la fin des quotas a enlevé les radars existants. Il est urgent que le ministère fasse le nécessaire pour que les producteurs sa­chent ce qu’ils peuvent produire d’ici à la fin de l’année ».
Attentif aux propos des responsables de la FNSEA 44 et de JA 44, le préfet de Loire-Atlantique aura prochainement l’occasion de se rendre compte concrètement de la situation de l’élevage. Il a en effet accepté l’invitation de la FNSEA 44 et de JA 44 à se rendre sur des exploitations d’ici à la fin novembre.

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