La Fnsea et Coop de France vent debout contre le « compte pénibilité »

A.S. Lesage

La Fnsea et Coop de France vent debout contre le « compte pénibilité »
Le port de charge lourdes est un des facteurs de pénibilité pris en compte par le dispositif (DR)

Le compte pénibilité des salariés, mis en place depuis le 1er janvier 2015, «est inapplicable en l’état», selon les responsables syndicaux de la Fnsea mais aussi de Coop de France qui appelle à ne pas appliquer le dispositif.

Pénibilité : 52% des salariés agricoles exposés

Le compte pénibilité vise à permettre aux salariés ayant exercé des métiers pénibles de pouvoir se former, travailler à temps partiel ou partir plus tôt à la retraite en accumulant des points. Depuis le 1er janvier, quatre facteurs - travail de nuit, travail répétitif, en horaires alternants ou en milieu hyperbare (comme les travaux sous-marins) -, sont pris en compte.

Les six autres entreront en vigueur le 1er janvier 2016 : manutentions manuelles, postures pénibles, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux, températures extrêmes, bruit.

Selon une étude de la Dares (ministère du Travail), l'agriculture fait partie des secteurs particulièrement touchés par la pénibilité au travail, avec 52% de salariés exposés, derrière la construction et l'industrie manufacturière.

Les employeurs agricoles doivent depuis le 1er janvier, être en capacité de mesurer et de déclarer, pour chacun de leurs salariés, s'ils atteignent ou non les seuils d'exposition* de chacun des facteurs de risques identifiés par la loi (voir encadré). Un dispositif jugé trop complexe et contraignant pour les chefs d'exploitations agricoles mais aussi par les coopératives agricoles

Coop de France, organisation professionnelle des coopératives agricoles, vient donc de demander à ces entreprises de « ne pas appliquer, en l'état, le dispositif de pénibilité » et appelle à une simplification du système qui entre progressivement en vigueur à partir de cette année.

Le dispositif est "jugé impossible à mettre en oeuvre en raison de sa complexité et fait peser sur les entreprises, outre une charge de travail considérable, un risque important de contentieux individuels", explique vendredi Coop de France dans un communiqué. L'organisation appelle à "une simplification du dispositif, en privilégiant notamment des démarches collectives associant les partenaires sociaux", saluant la mission sur le sujet lancée par le Premier ministre Manuel Valls la semaine dernière.

A contrario, la Fédération de l’agroalimentaire FGA-CFDT dénonce le boycott de Coop de France dans un communiqué du 19 janvier.

A l'occasion du SIVAL d'Angers, la FNSEA, Légumes de France, la Fédération Nationale de Légumes de France, la Fédération des Maraîchers Nantais et la FRSEA Pays de la Loire ont organisé une conférence de presse commune concernant le sujet de la pénibilité au travail pour les producteurs de légumes. Jugeant l'application du compte pénibilité sur les exploitation de fruits et légumes "impossible",  Légume de France a lancé une pétition sur leur stand pendant la durée du Salon. Cette dernière demandant "l'abrogation totale du dispositif."

* A titre d'exemple, un employeur maraicher devra mesurer, pour chaque salarié :

- le temps passé pour un travail répétitif

- l'exposition aux vibrations mécaniques

- l'exposition aux agents chimiques

- l'exposition au bruit en fonction du nombre d'heures passées à plus de x décibels

- le port de charges lourdes

- le temps passé en posture pénible

Publié par A.S. Lesage

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Commentaires 11

common

@Pagel:
Mais pourquoi alors - en plus avec cette volonté politique dans le dos de 'proteger' ceux qui echangent travail contre salaire - abandonner cette vie de luxe d'un salarié?
Mais Abba a un point: l'antagonisme n'est pas vraiment dans notre metier, mais il est entre ceux qui font le travail en general (tous ce qui doit etre fait dans une societe) et ceux qui s'enrichissent de ce travail (on le sait tous que ceux qui sont riches sont de plus en plus riches - et c'est pas parce qu'ils sortent le fumier de l'etable ou travaillent comme éboueurs ou sont assis tous les jours sur un tracteur ou conduisent un train etc etc MAIS c'est parce qu'ils ont les capacités de commander le travail et c'est pas pard hazard). Un agriculteur meme s'il a des salariés s'enrichit pas vraiment de cette facon - mais peut-etre un peu ou il aimerait bien... Le pauvre est capitaliste sans capital et il est son propre salarié. C'est pourquoi il doit travailler pour soi-meme et pour d'autres, mais parce qu'il travaille aussi pour soi-meme, il est pas vraiment tenté d'abandonner cette situation! Avec le reste de sa liberté il suit une ideologie du marché libre/ liberé de tout encadrement et se revolte contre tous ce que semble bloquer le progres de son 'enrichissement' envisagé. C'est l'espoir qui meurt en dernier lieu.

Pagel

Et pour celui qui se plaint d'être au chômage, de ne pas gagner assez, il n'a cas monter son entreprise et embaucher. C'est tellement simple!!! C'est un raisonnement de marché, de l'offre et de la demande sauf que le marché du travail est encadré et pas celui du lait!

common

@abba
La solution est facile et pareil pour n'importe quel 'employeur' qui trouve qu'etre entrepreneur est trop contraignant: il suffit de changer le 'metier' et de se faire embaucher.

atoute

encore un qui a rien compris qui veut avilir les plus pauvres , tu n'as pas compris que le probleme n'etait pâs que les smicards gagne trop mais le proleme est qu'il n y a pas de crise les riches sont de plus en plus riche et capte la majeur partie des richesses, le probleme c'est la repartition des richesses

2eme point les paysans ont vraiment un probleme ,
soit travailler comme un laitier pour 1 euros ou 2 de l'heure ce n'est pas un probleme alors les eleveurs ont raison de continuer comme ca et de ne pas se lever ni de se rebeller
soit c'est un probleme alors 2 choix se posent , soit arreter puisque ce n'est pas rentable, soit se battre

mais je ne vois rien venir les paysans doivent donc etre content de leur sort , plutoto que de vouloir soumettre encore le plus pauvre , que les paysans se revoltent un peu de courage

le glaude

tres bien abba
la preuve est encore faite:qu'il faille tourner sept fois la langue dans la bouche avant de parler (trop vite).

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