La petite méthanisation trouve un écho chez les agriculteurs

Lise Monteillet

La petite méthanisation trouve un écho chez les agriculteurs

« La petite méthanisation, on y va ? » se questionnent les Cuma, réunies à Lisieux, les 20 et 21 septembre. De nombreuses conférences ponctuent leur Salon aux champs, dont plusieurs consacrées à la production de biogaz.

Une « petite » installation de méthanisation a une capacité de production comprise entre 20 et 100 kWe. Concrètement, un tel projet peut être envisagé à partir de 100 vaches laitières ou de 200 truies en système naisseur – engraisseur. L’intérêt ? « Ne pas avoir à investir dans de grosses installations », explique François Xavier Dumur, chef de projet au sein de l’association normande Nov&atech. Il s’agit aussi d’assurer plus facilement l’autonomie du système en approvisionnant le digesteur avec les produits de la ferme.  

Ces micro installations ont longtemps été jugées peu rentables. Sauf que la révision des tarifs de rachat de l’électricité a changé la donne. Dans certaines conditions, le prix peut désormais atteindre 22,5 centimes d’euros/ kWh. De quoi donner envie à de nouveaux agriculteurs de franchir le pas ! « Nous comptons aujourd’hui 500 installations de méthanisation en France, estime François Xavier Dumur. La micro méthanisation représente une dizaine de cas par grande région ». On semble encore loin de l’objectif qui avait été fixé à 1000 méthaniseurs d’ici 2020. Mais la filière bouge et le nombre d’unités pourrait franchir de nouveaux paliers dans les prochains mois.

Plusieurs techniques

Plusieurs techniques sont désormais proposées : la couverture de fosses à lisier, la méthanisation en voie liquide, en voie sèche discontinue ou continue. Le montant d’investissement est variable d’un projet à l’autre, mais il se trouve généralement compris entre 8000 et 10000 €/kWe. Les subventions fluctuent aussi d’une région à une autre, allant de 10 à 25 %. Ce qui nécessite une certaine capacité d’autofinancement.

« Pour se lancer dans un tel projet, il faut y aller par étape », conseille François Xavier Dumur. « Un méthaniseur, c’est comme un second troupeau », rappelle-t-il. Il faut donc identifier quelles sont les ressources disponibles sur l’exploitation pour l’alimenter toute l’année, disposer d’assez de temps pour s’en occuper, vérifier que la capacité d’épandage est suffisante. Tout doit être anticipé, y compris les frais d’exploitation, qui peuvent aller du simple au triple selon les systèmes.

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