La plastisemeuse entre en piste

Catherine Perrot

Sur cette vaste parcelle située à Soudan, la terre est fine et sableuse. Elle a été idéalement préparée pour permettre à la plastisemeuse de travailler dans les meilleures conditions.
Sur cette vaste parcelle située à Soudan, la terre est fine et sableuse. Elle a été idéalement préparée pour permettre à la plastisemeuse de travailler dans les meilleures conditions.

Les semis de maïs ont démarré dans le département, essentiellement « sous film », une technique qui permet à la plante un meilleur démarrage. Exemple à Soudan, sur une parcelle du Gaec des Molières. 

S’il n’y avait un petit vent qui joue avec la terre sableuse et transforme hommes et machines en statues d’argile, les conditions seraient idéales pour semer les maïs : le soleil brille, mais l’atmosphère n’est pas trop chaude, pas un nuage ne pointe à l’horizon, la terre est fine à souhait en surface et encore assez fraîche et humide en profondeur.
Kévin, chauffeur de l’entreprise Bouchet frères, dont l’atelier est situé à Erbray, passe sa journée dans les parcelles de maïs du Gaec des Molières, à Soudan. Il y conduit la plastisemeuse, outil destiné au semis de maïs sous film, dont il est « le spécialiste » maison. «  C’est une méthode qui plait de plus en plus », confie-t-il. « L’année dernière, on en a fait environ 110 hectares, et sans doute plus cette année. Je suis à mon troisième chantier de la saison. »
Cette année le Gaec des Molières a prévu d’en faire une dizaine d’hectares. «  Nous en faisons depuis plusieurs années, et nous constatons que les rendements sont meilleurs avec le semis sous film qu’en semis classique. Et cela, même lorsque les dates de semis sont les mêmes ! », explique David Rouxel, l’un des deux associés du Gaec.
Le maïs semé sous film bénéficie non seulement de plus de chaleur pour germer, mais ensuite, son pied reste au frais et peut profiter de davantage d’humidité que le maïs classique. David Rouxel a choisi de mélanger deux variétés, dont l’une est plus typée « grain ». « Avoir une partie de nos maïs en semis sous film permet d’avoir plus de quantité et de qualité, en moins de surfaces ! »

 

Travail de précision

En semis sous film, la densité visée est plus faible qu’en semis classique : « environ 90 000 pieds à l’hectare », explique le chauffeur. La plastisemeuse ne nécessite pas énormément de puissance de traction (ici, elle est attelée à un tracteur 100 CV), mais plutôt de la précision. « Il faut aller bien droit, éviter les coups de volant, veiller à ce que le plastique soit bien fixé… C’est pourquoi nous ne pouvons pas aller très vite ».
La plastisemeuse ouvre le sillon et pose le film plastique, puis une roue crantée perce des trous dans le film tendu et le semoir y dépose une graine de maïs. En cette journée de grand vent, pour assurer la tenue au sol du film plastique (qui est très léger et fin, 10 µ seulement), une deuxième personne a pris place sur la plastisemeuse, pour déposer, sur le film tendu, de petites pelletées de terres à intervalles réguliers. Un travail de précision là aussi, mais hautement salissant !
Sur cette parcelle qui était auparavant en céréales (puis couvert végétal), David Rouxel  a réalisé un apport de fumier, un passage de Cultimer, un labour, puis un passage de herse… « Il faut un sol très menu, qu’il n’y ait aucun résidu. Là, c’est parfait », juge le chauffeur.
Il reste à espérer que les conditions parfaites se poursuivent dans les semaines et les mois qui viennent afin que les 85 vaches du Gaec puissent bénéficier l’hiver prochain d’un ensilage de maïs abondant et de qualité.

 

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