La « Police des Viandes » passe à l’action

Delphine Barel

La viande française doit être clairement identifiée grâce aux mentions « Viande Porcine Française (VPF) » et « Volaille française » à l'aval des filières, dans les entreprises et en linéaires.
La viande française doit être clairement identifiée grâce aux mentions « Viande Porcine Française (VPF) » et « Volaille française » à l'aval des filières, dans les entreprises et en linéaires.

Mardi, une soixantaine de producteurs de porcs et de volailles ont procédé à des contrôles de camions au péage d’Ancenis pour vérifier l’origine des viandes. Le constat est sans appel : trop de produits ne sont pas identifiés !

À l’appel de la FNSEA et de Jeunes Agriculteurs de Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire, une soixantaine d’éleveurs s’est donné rendez-vous ce mardi 14 mai dès 4 h du matin au péage d’Ancenis.
Cette action a été lancée à l’initiative de la Fédération nationale porcine (FNP) afin d’alerter les consommateurs, les pouvoirs publics mais surtout les entreprises et distributeurs sur la situation catastrophique des producteurs de porcs et de volailles. Des actions de ce genre ont ainsi eu lieu un peu partout en France, comme le souligne Frédéric Bossard, responsable de la section porcine à la FNSEA 44 : « Nous faisons face à de gros problèmes de trésorerie et nos coûts de production sont actuellement supérieurs aux prix de vente. La situation n’est pas tenable, il nous faut rapidement une hausse de 30 cts/kg de carcasse. La baisse qui se poursuit au cadran est un désastre dans une période où les cours devraient remonter avant l’été. Le prix doit monter ! ».
L’inquiétude est la même pour les éleveurs de volailles et les demandes portent également sur une revalorisation immédiate des prix payés aux producteurs comme l’explique Christophe Labour, président de la section volailles de la FNSEA 44 : « Les prix payés aux éleveurs des filières avicoles doivent aussi être revalorisés afin de couvrir les coûts de production, mais également, permettre de moderniser les outils. Il en va de l’avenir des filières avicoles ! ».

Contrôles camions

Ainsi mardi matin, l’objectif de cette « Police des Viandes » était clair : contrôler les camions frigorifiques afin de vérifier l’origine des viandes transportées et leur destination.
Malgré un trafic routier relativement calme, il n’a pas fallu longtemps à ces douaniers d’un genre particulier pour trouver ce qu’ils cherchaient comme en témoigne Alain Bernier, président de la FNSEA 44 : « Nous avons essentiellement contrôlé des camions en provenance de la plateforme logistique Auchan de Tours qui alimente la région nantaise. Le constat est que la majorité des produits à base de viandes de porc ou de volaille ne comporte aucune mention d’origine, ni aucun signe d’identification ».

Les entreprises jouent contre les producteurs

Outre la question du prix, ce type d’action a démontré une fois de plus que de nombreux opérateurs importent de la viande, et que trop de produits ne sont pas identifiés « Viande Porcine Française (VPF) » ou « Volaille Française ». « Malgré toutes les promesses et les beaux discours des entreprises et des grandes surfaces, on s’aperçoit que les étiquetages VPF ou Volaille Française n’apparaissent que sur très peu de produits ». La situation est devenue insupportable pour les éleveurs.
Scandaleux également, le fait que des entreprises agro-alimentaires de la région, notamment Fleury Michon, utilisent peu de viandes françaises alors qu’elles communiquent actuellement sur le goût du terroir et de la tradition. « Une communication qui porte confusion auprès du consommateur. On est à la limite de la tromperie organisée », s’indigne François Guyot, président de JA 44.
Avant de lever le barrage, les éleveurs ont « réquisitionné » l’ensemble des produits qui ne comportaient pas la mention d’origine. Cette opération de la « Police des Viandes » est un premier avertissement lancé aux entreprises et aux distributeurs car les actions pourraient recommencer rapidement.

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