La production laitière à l'ère de la génomique

P.O

La génomique révolutionne à grands pas la sélection animale. Le point avec B. Giraud, du groupe Altitude.

La génomique est présentée comme une avancée majeure en matière de sélection. Quels en sont les principes et les atouts ?


Bernard Giraud : “La sélection génomique permet de connaître plus précocement les performances génétiques des reproducteurs bovins grâce à l'analyse de leur ADN, à partir d'un simple prélèvement biologique de type sang ou biopsie, et ce, dès la naissance.

La génomique ouvre, par le biais de la Sélection assistée par marqueurs (Sam), de nouvelles perspectives pour faire progresser rapidement les cheptels. L'objectif est la prédiction du potentiel génétique d'un animal grâce à l'étude de son ADN. C'est le résultat d'un programme de recherche appliquée conduit en France depuis 2001 (Sam 1) et qui a fortement évolué à partir de 2008. Le programme Sam intègre trois races laitières majeures en France : holstein, montbéliarde et normande. Par rapport à la sélection génétique classique basée sur le testage sur descendance, l'analyse génomique offre de nombreux avantages concrets, notamment au service de la connaissance des caractères fonctionnels. Grâce à la génomique, l'éleveur bénéficie de la génétique la plus moderne, sélectionnée parmi les meilleurs reproducteurs.”

Quelle est sa fiabilité ?

B. G. : “La Sam permet une évaluation précoce des jeunes animaux avec une fiabilité élevée. Les CD (coefficient de détermination) des index vont, en moyenne, de 0,50 à 0,75 selon les postes et les races. Ce sont des avancées technologiques qui ont permis l'amélioration de cette précision avec l'arrivée de puces à ADN capables de détecter un très grand nombre de “petits” marqueurs (54 000 aujourd'hui en routine mais plus de 700 000 avec les nouvelles sondes qui viennent d'être mises au point). La précision de l'estimation est donc bien plus grande car on étudie beaucoup plus de gènes, et on les étudie mieux. Le deuxième point qui a permis cette évolution est la constitution de “populations de référence” de grande taille. Au cours du second semestre 2009, les entreprises de sélection françaises ont fourni du matériel biologique (en général de la semence) d'un grand nombre de taureaux connus avec précision sur descendance. C'est l'étude des correspondances entre le génome et les performances des filles de ces taureaux qui permet d'établir les équations permettant l'indexation des autres animaux. Les bases ainsi constituées comptent environ 1 500 taureaux pour les races normandes et montbéliardes et 4 000 pour la race holstein. De plus, la France a été à l'origine d'un accord d'échange d'information en race holstein avec d'autres pays européens, ce qui permet aux groupes concernés de disposer d'une population européenne de référence de plus de 15 000 taureaux, ce qui est supérieur à celle constituée par les Américains du Nord.”

 

Où en est-on aujourd'hui de son application et diffusion dans les cheptels français et cantaliens ?

B. G. : “Les entreprises de sélection avec lesquelles nous travaillons, Creavia en holstein et normand, Umotest en montbéliard, ont participé dès 2001 au programme de recherche conduit en France. Les premiers taureaux issus de la génomique ont été mis en marché à partir de la campagne 2009/2010 sous les noms “Avenir” en races prim'holstein et normande et sous les noms “Gen'Umo Profil” et “Gen'Umo Privilège” en montbéliarde. Pratiquement tous les éleveurs laitiers de notre département ayant des femelles de ces trois races ont été utilisateurs de ces jeunes taureaux au cours de la campagne 2009/2010. Les premiers veaux sont en train de naître et dans maintenant moins de trois ans, les éleveurs verront concrètement le progrès apporté par cette technique.”
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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