La responsabilité humaine confirmée

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Les experts réunis au sein du Giec de plus en plus convaincus : les émissions de gaz à effet de serre sont à l’origine du réchauffement climatique mondial.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a adopté le 27 septembre le premier volet de son cinquième rapport sur l’évolution du climat dans lequel les scientifiques prévoient une élévation de température comprise entre 0,3°C et 4,8°C (selon les modèles) d’ici 2100, par rapport à la période 1986-2005. Les températures mondiales ont déjà augmenté de 0,8°C depuis l’époque pré-industrielle. Dans ce nouveau rapport, les experts du climat se montrent encore plus sûrs de leurs prévisions : ils estiment désormais avec une probabilité supérieure à 95 % que la hausse des températures observée depuis le milieu du XXe siècle est bel et bien le fait de l’accumulation des gaz à effet de serre (GES) d’origine humaine.  Cette probabilité était évaluée à 90 % dans le précédent rapport datant de 2007. Il est également prévu une hausse probable du niveau de la mer de 26 à 82 cm d’ici la fin du siècle par rapport à la moyenne 1986-2005, alors qu’en 2007 (dans le précédent rapport), le Giec projetait une élévation du niveau de la mer de 18 à 59 cm d’ici 2100. “Les vagues de chaleur vont probablement se produire plus fréquemment et durer plus longtemps. Avec le réchauffement de la Terre, nous nous attendons à voir les régions actuellement humides recevoir davantage de précipitations et les régions sèches en recevoir moins, même s’il va y avoir des exceptions”, souligne Thomas Stocker, co-président du Giec. Ainsi, les épisodes de pluies intenses pourraient devenir plus violents et plus fréquents sur les régions de moyenne latitude et les régions tropicales humides.

Les experts du Giec tablent sur une hausse probable du niveau de la mer de 26 à 82 cm, d’ici la fin du siècle par rapport à la moyenne 1986-2005 liée notamment à la fonte de la calotte glaciaire.

Pas trop tard pour limiter les dégâts

Mais il est encore possible d’agir. Si les émissions de GES sont réduites de manière significative, l’augmentation de la température moyenne à la surface de la planète pourrait être limitée à entre 0,9°C et 2,3°C au-dessus des niveaux pré-industriels, et l’élévation du niveau de la mer à 30-50 cm par rapport à 1986-2005, à la fin du siècle. Mais seul le scénario le plus sobre - et le plus improbable - a une probabilité supérieure à 50 % d’éviter de dépasser le seuil de 2°C au dessus des températures pré-industrielles. Ce rapport est une synthèse de plus de 9 000 études scientifiques. Son résumé à l’intention des décideurs (document d’une vingtaine de pages) doit servir de base aux négociations internationales sur le climat en vue d’un accord en 2015 à Paris pour permettre de tenir l’objectif de contenir le réchauffement sous les 2°C par rapport à l’époque pré-industrielle. “Le jour où tous les scientifiques avec 100 % de certitude nous mettront en garde contre le changement climatique, il sera déjà trop tard. Si votre médecin vous assurait à 95 % que vous avez une maladie grave, vous commenceriez immédiatement à chercher un remède. Pourquoi devrions nous prendre plus de risques quand c’est la santé de notre planète qui est en jeu ? L’Europe continuera à être un leader dans la lutte contre le changement climatique”, a assuré la commissaire européenne à l’Action climatique, Connie Hedegaard. Agra Presse
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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