La transhumance de «la dernière chance»... : Ovins : manif régionale à Toulouse lundi 6 octobre

Alexandre CAYRAC

La transhumance de «la dernière chance»... : Ovins : manif régionale à Toulouse lundi 6 octobre

Six-cent éleveurs ovins de tous les départements de Midi Pyrénées, dont de nombreux Aveyronnais, sont attendus ce lundi 6 octobre à Toulouse. Ils viendront rappeler au grand public et à l'administration agricole que les prochaines orientations de la PAC doivent soutenir d'avantage l'élevage ovin pour qu'il continue de vivre et de faire-vivre.

«C'est le moment où jamais». Les représentants de la FDSEA, des JA et de la FRSEB sont clairs : «les éleveurs ovins doivent se mobiliser très fortement pour espérer vivre décemment demain». «Nous sommes au bord du précipice depuis 4 ans» témoigne Robert Glandières, président de la FRSEB et vice-président de la FNO. «Nous devons obtenir une redistribution des cartes européennes pour que l'élevage ovin sorte la tête de l'eau» (1).

Un signal d'alarme

«Cela fait deux ans que la FNO tire le signal d'alarme, mais les difficultés de la production ne datent pas d'hier» explique Robert Glandières. Les différentes versions de la PAC ont en effet toujours oublié la production ovine qui s'est très tôt re-trouvé dans un système libéral qui a mis à mal le modèle français.
Quelles conséquences ? «Aujourd'hui, seulement 40% de la viande ovine consommée dans notre pays est produite en France, et l'Europe est déficitaire en viande ovine» souligne Robert Glandières.
«Chaque année 2 000 producteurs ovins abandonnent leur métier» ajoute Dominique Cammas, responsable de la section ovine de la FDSEA. Entre 2007 et 2008 ce sont 33 producteurs qui ont arrêté leur activité en Aveyron, ce qui représente 4 000 brebis en moins. Le rythme des disparitions tend d'ailleurs à s'accélérer, «nous perdons aujourd'hui 20 brebis par heure» confirme Dominique Cammas.

30 euros pour chaque brebis en 2009

Ce rendez-vous toulousain sera l'occasion de marteler la revendication principale des éleveurs : une aide de 30 euros supplémentaires par brebis en 2009. «Les propositions de la commission européenne laissent penser que les outils pour effectuer ce rééquilibrage à l'échelle européenne existent» précise Robert Glandières. Il ne manque donc plus qu'une volonté politique pour le mettre en place. «Nous devons donc faire pression, et montrer que l'élevage ovin a envie de vivre» note Robert Glandières.
Mais les éleveurs ovins ne souhaitent pas que des aides. Ils demandent aussi à pouvoir vivre décemment de leur travail. Mais comment tirer un revenu quand on vend à perte ? «Un agneau vendu autour de 100 euros, nous a coûté 116 à produire» explique Didier Massol des JA.
Comment lutter contre l'agneau Néo-Zélandais ou Australien qui sert de produit d'appel au grande surface, qui l'achète 2,5 euros le kilo ?
Derniers remparts avant la frîche, les éleveurs ovins demandent aujourd'hui une aide durable pour continuer un travail qui ne leur a jamais été payé : l'entretien des paysages.

(1) La FDSEA, les JA et la FRSEB organisent des déplacements en bus. Contacter la FDSEA au 05 65 73 77 95.

Source La Volonté Paysanne

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