La tuberculose bovine refait parler d’elle

Catherine Perrot

Un cas de tuberculose bovine vient d’être identifié en Loire-Atlantique. Le dernier cas remonte à dix ans. Pas de quoi s’affoler d’un retour de la maladie. En revanche, au niveau national, si on dépasse les 200 cas par an, la France perdra son statut indemne.

Tuberculose bovine / tuberculose humaine

La tuberculose bovine est causée par Myco-bactérium bovis, un germe différent de celui de la tuberculose humaine « classique », Mycobacterium tuberculosis. Il est cependant transmissible à l’homme et on estime que, dans les années 1950, environ 30 % des cas de tuberculose humaine étaient d’origine bovine (contamination via le lait, la crème…).La lutte contre la tuberculose bovine est donc avant tout un problème de santé publique. C’est pourquoi la surveillance de cette maladie est drastique : à l’abattoir, l’examen des ganglions lymphatiques (dont le « ganglion de l’inspecteur ») révèle la contamination.Aujourd’hui, même si la tuberculose humaine est en recrudescence, elle n’est qu’à 1 % d’origine bovine. Ces cas sont généralement liés à des séjours dans certains pays infectés (Maghreb…).

La tuberculose bovine vient de faire son retour en Loire-Atlantique, avec la détection d’un cas, dans un élevage de Plessé. Le cas précédent datait de 2001 : à l’échelle du département, avec seulement deux cas en dix ans, on ne peut pas réellement parler de réémergence, comparé à ce que représentait la maladie dans les années 1950 !

« En 1954, 25 % des élevages bovins français étaient infectés par la tuberculose bovine », rappelle Pascal Holleville, le directeur du GDS 44. Cette prévalence de la tuberculose dans les élevages avait des conséquences importantes sur la santé publique, car le germe bovin était transmissible à l’homme, notamment via les produits laitiers (lire ci-dessous).

L’origine des GDS

Pour les éleveurs, lutter contre la tuberculose bovine fut un combat éprouvant. Mais qu’ils ont gagné, en se saisissant de la responsabilité de cette lutte et en s’organisant entre eux à l’échelle des cantons pour créer ce qui allait devenir les GDS. « C’est le ministre de l’Agriculture de l’époque, Pfimlin, qui a pris la décision que les éleveurs pourraient engager collectivement le dépistage de la maladie en amont par la tuberculination et l’élimination des animaux infectés. »
En trois ans, la prophylaxie généralisée contre la tuberculose s’est mise en place dans tout le pays. Avec des résultats très significatifs. À partir de 1995, la France se situe sous les seuils européens pour la qualification officiellement indemne de tuberculose. « Il faut deux conditions », décrit Pascal Holleville. « D’abord, moins de 1/1 000 élevages présentant un nouveau cas positif. Ensuite, 999/1 000 élevages qualifiés indemnes. »
Ces bons résultats entraînent à partir du 27 décembre 2000, la reconnaissance officielle par l’Europe que la France est indemne de cette maladie, facilitant ainsi l’export et permettant la fin de la réalisation des tuberculines régulières sur les troupeaux (1).
Cependant, à partir de 2005, quelques cas de tuberculose ont été détectés dans les abattoirs français (où la surveillance n’a jamais été relâchée). Depuis, chaque année, le nombre de nouvelles détections est allé en augmentant. En 2010, 164 cas ont été re
censés. Le seuil pour garder la qualification officiellement indemne est de 200 cas par an. Il se rapproche dangereusement…

Douze départements préoccupants

La répartition des cas français est loin d’être homogène. Ariège, Dordogne, Bouches-du-Rhône, Gard, Charente, Hérault, Corse-du-Sud, Landes, Haute-Corse, Lot-et-Garonne, Côte-d’Or, Pyrénées-Atlantiques ont des prévalences supérieures à la moyenne nationale (qui restent quand même très faibles).
Le GDS des Pays de la Loire conseille aux éleveurs achetant des animaux en provenance ou ayant transité par ces départements, de faire un test de tuberculination à l’introduction(2). Le « risque » est particulièrement grand en cas d’achat de reproducteurs : dans cette situation, si un cas de tuberculose est trouvé à l’abattoir, c’est tout le troupeau qui est abattu… Alors que si l’animal est resté cantonné à un atelier d’engraissement dérogataire, seuls les animaux de l’atelier seront abattus.
L’élevage de Plessé se retrouve hélas dans la première situation : toutes ses bêtes vont être prochainement abattues. L’inspection des ganglions des animaux pourra permettre de mieux cerner et dater l’infection. Les élevages en lien avec cet élevage infecté (achat d’animaux, voire pâturage voisin) feront l’objet d’investigations.
L’éleveur de Plessé sera indemnisé sur ses pertes animales par l’État. Le GDS interviendra
en complément pour tout ce qui concerne la désinfection des bâtiments, les analyses
de repeuplement, et les frais annexes.

(1)Ceux qui ont connu les tuberculines annuelles savent quelles contraintes cela représente !
(2) Un accompagnement financier de ces tests est proposé à 50%.


Pour en savoir plus : www.gds-paysdelaloire.com

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