La tuberculose menace

R. Saint-André

La tuberculose menace
Maryne Jay était une des invités de l’assemblée du GDS 15 qui s’est tenue vendredi 27 avril sous le présidence de Michel Combes, à la salle polyvalente de Neussargues. 

Vétérinaire conseil au GDS France, Maryne Jay a alerté sur le retour d’une pandémie oubliée, qui fait peur.

 

Non, la tuberculose n’appartient pas au passé. Pire, elle menace le statut français de zone “indemne. C’est un des principaux messages que Maryne Jay, vétérinaire conseil au GDS France a tenu à faire passer aux éleveurs, lors de son intervention à l’assemblée générale du Groupement de défense sanitaire du Cantal le 27 avril. Alors que les cas isolés étaient extrêmement rares jusqu’au début des années 2000, une recrudescence est observée depuis 2004, y compris dans des secteurs jusqu’alors épargnés. Pour la seule année 2009, le coût des abattages liés à la tuberculose a atteint quelque 23 millions d’euros, affirme la spécialiste en citant les bassins de foyers : la Côte d’or, la Dordogne, les Pyrénées-atlantiques et, dans une moindre mesure, la Camargue. Maryne Jay, qui n’ignore pas les trois cas avérés dans le Cantal, avoue que l’origine n’est pas clairement déterminée.

Une vigilance accrue

 

“La contamination peut se faire par l’introduction d’animaux extérieurs, ou par la faune sauvage - notamment le sanglier, mais aussi les cerfs et le blaireau - et des foyers se recontaminent”, suppose-t-elle. “La maladie est de plus en plus insidieuse et les lésions, désormais moins nombreuses, rendent le dépistage difficile”, ajoute-t-elle avant de livrer quelques pistes pour limiter la progression. Parmi celles-ci, la vétérinaire compte sur une amélioration du dépistage ou une meilleure connaissance des mécanismes de contamination. Mais aussi et surtout, elle insiste sur des mesures dites de “biosécurité”, qui concernent par exemple les conditions d’épandage, l’achat extérieur d’animaux, etc. Bref, une prise de conscience du danger auquel on s’expose et donc une vigilance accrue de la part des éleveurs. Il est d’autant plus important de s’y pencher qu’au sein même de l’Europe, la France est cernée. L’Angleterre et l’Irlande sont très touchées, l’épidémie commence à se répandre de manière inquiétante en Grèce, en Italie, en Espagne et au Portugal. Les répercutions commerciales risquent de se faire sentir sévèrement, surtout si vient s’ajouter un impact médiatique. C’est également ce que redoute Didier Delmotte, président de la Fesass qui regroupe les structures semblables au GDS France de neuf États membres de l’UE. Il relève aussi un paradoxe, celui de citoyens européens défavorables aux abattages totaux (qui comprennent des bêtes saines), mais qui, en tant que consommateurs, ne veulent pas d’animaux vaccinés tout en revendiquant à un risque zéro…

Tout près d’un cataclysme

Pour le Cantal, Michel Combes, président du GDS 15, est convaincu qu’avec trois foyers identifiés, le département est passé “à côté d’un cataclysme”. Il s’inquiète aussi de la protection du blaireau, important facteur de contamination (même si, précise-t-il, l’origine de la tuberculose se trouve toujours chez les animaux d’élevage) et qui constitue un véritable réservoir pour la propagation de la maladie.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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