Lait : Comment redistribuer une plus-value qu'on n'a pas générée ?

P. OLIVIERI

Difficile d'éluder la question de la plus-value AOP pour les dirigeants de 3 A qui ont rencontré début avril les producteurs cantaliens.

C'est le dilemme qu'ont exposé le 6 avril les dirigeants du groupe 3 A aux producteurs de Châtaigneraie réunis au Rouget. “Pour ce qui nous concerne, c'est-à-dire pour LFO, les 30 centimes d'euros qu'on aurait dû aller chercher pour financer cette CVO(1), on ne les as pas eus. On a juste réussi à maintenir les prix” : le président Jean-Louis Loustau a joué la transparence auprès de producteurs, impatients de passer à la vitesse supérieure en matière de plus-value AOP. À l'image de Jean-Louis Bruel, de la section laitière de la FDSEA : “D'après les indicateurs de marché et sans tenir compte de la baisse des tonnages, on serait proche des 70 euros”.
Sauf que pour Rémi Broncy, président de Sicolait et administrateur de 3 A depuis la fusion de 2009, “pas mal de critères ont évolué depuis la signature de l'accord”. “L'écart de valorisation entre fromages AOC et non AOC s'est en effet accru, analysait pour sa part le responsable collecte Bruno Lechartre, mais du fait de la grande claque que se sont pris les fromages non AOC”.

Subtil équilibre prix/volumes

Un bémol au goût amer pour les producteurs engagés, qui, comme ils l'ont rappelé, ont eux respecté le nouveau cahier des charges de l'AOP cantal notamment. “Il est normal que les producteurs réclament que la plus-value augmente, reconnaissait Jean-Louis Loustau, mais nous n'avons pas tous les leviers et puis sur les charges d'exploitation, il y a sans doute une pression à mettre aussi sur ceux qui fournissent”. Une façon de renvoyer la balle vers l'amont...
En attendant donc cette hypothétique revalorisation, 3 A s'est acquitté des 30 cts d'euros de CVO, l'équivalent sur un an de 5,4 millions d'euros alimentés par ses autres activités laitières puisque, si la stratégie du groupe a consisté à maintenir les prix, cette politique s'est accompagnée d'une perte de volumes : - 8 % en cantal, - 5 % en fourme d'Ambert, - 4,5 % en saint-nectaire laitier. Et ce, malgré le rapprochement avec Sicolait qui a renforcé l'assise de LFO sur le marché des AOP (20 200 tonnes en 2009, contre 17 353 l'année précédente). “On n'a pas les 22 000 tonnes issues de nos productions respectives, a expliqué Rémi Broncy, car un et un ne font jamais deux et quelques concurrents sont venus nous grappiller des parts de marché”.
“Notre ambition est de durer, de valoriser le mieux possible le lait, de nos coopérateurs d'abord, le vôtre aussi”, concluait J.-L. Loustau avant d'exposer le projet de 3 A de renforcer son nombre de coopérateurs.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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