Le bel avenir des circuits courts : Capter la valeur au bénéfice de la production

Dossier réalisé par Arnaud Carpon

Le bel avenir des circuits courts : Capter la valeur au bénéfice de la production

Au contraire, la réalité des circuits courts rime plutôt avec diversité. Les démarches se multiplient, de plus en plus à l'initiative des jeunes, et ce, quelles que soient les productions. Des agriculteurs transforment leur lait en fromages vendus à la ferme, certains vendent leur lait via des distributeurs automatiques, d'autres aménagent une boutique directement sur leur exploitation pour commercialiser, non seulement les produits de l'exploitation, mais aussi des produits des exploitations voisines. Des agriculteurs se regroupent pour contractualiser directement avec des GMS en privilégiant la qualité et l'origine des produits.

Dans les Hautes-Pyrénées, l'option pour le circuit court a permis à une soixantaine d'agriculteurs de valoriser un produit du terroir en voie de disparition – le haricot tarbais – et de se regrouper au sein d'une coopérative pour gérer la filière de A à Z (lire notre reportage du JA mag n° 654 novembre 2009, p. 32). Dans le Calvados, des producteurs de grandes cultures s'impliquent dans la valorisation de protéines à destination des éleveurs locaux. « Quelle que soit la démarche, la motivation des agriculteurs peut être de plusieurs ordres, souligne Sophie Dubuisson-Quellier. Le circuit court peut résulter d'un engagement militant, d'une envie de se rapprocher du consommateur pour pouvoir communiquer sur son métier et ses pratiques, de la nécessité d'améliorer la valeur ajoutée dégagée par l'exploitation, ou tout simplement de la volonté de diversifier son activité. » Mais de toutes ces motivations, le souhait d'améliorer la captation de valeur au bénéfice de la production devient peu à peu le leitmotiv le plus affiché. Outre la récupération de la marge des intermédiaires, les circuits courts permettent souvent de réduire les coûts de transport et permettent un paiement immédiat – voire à l'avance – du producteur.

Accepter certaines contraintes

Les vertus des circuits courts ne doivent pas cacher pour autant quelques difficultés de mise en oeuvre. « Le facteur temps ou la maîtrise de nouvelles activités rendent parfois le passage à la vente directe complexe », constate Sophie Dubuisson-Quellier. Outre la production, l'agriculteur doit assurer la commercialisation, voire la transformation de ses produits, et cumuler ainsi trois métiers pour lesquels la charge de travail est importante. Des difficultés persistent aussi en matière de compétences. « Il n'est pas facile de s'improviser commercial, de savoir bien communiquer, de fabriquer des prix… »

Pour y pallier, les formations et conseils émanant d'organisations professionnelles, Chambres d'agriculture en tête, se sont développées, mais l'offre en la matière reste hétérogène selon les territoires. Pour attirer le consommateur, il faut pouvoir proposer une gamme suffisamment large de produits en un même lieu, ce qui implique soit une diversification de la production, soit un regroupement de l'offre avec d'autres agriculteurs. Les circuits courts peuvent également engendrer des investissements conséquents (véhicule adapté, chaîne du froid, aménagement de locaux, respect des normes sanitaires…). Par ailleurs, les jeunes souhaitant s'installer avec un projet de circuits courts doivent faire face à des difficultés plus spécifiques. L'accès aux aides et prêts bancaires est rendu souvent plus compliqué que dans un schéma d'installation plus classique.

 

Source Ja Mag Novembre 2009

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier