Le bel avenir des circuits courts : Des distributeurs automatiques en quête de rentabilité

Dossier réalisé par Arnaud Carpon

Le bel avenir des circuits courts : Des distributeurs automatiques en quête de rentabilité

Du lait cru en libre-service dans un distributeur installé sur un lieu de passage judicieusement choisi.

Nombreux sont les agriculteurs à s'être lancés dans cette initiative novatrice dans le but de mieux valoriser leur lait. Les associés du Gaec du soleil levant, situé à Cruseilles ont franchi le pas il y a tout juste un an en installant le premier distributeur de Haute-Savoie. «Nous avons trouvé un emplacement à l'extrémité du parking d'une grande surface, en périphérie d'Annecy. Le terrain s'est avéré être la propriété de la mairie, explique Sylvain Thomasson, salarié du Gaec en charge du distributeur. Après leur avoir expliqué notre projet, les élus municipaux y ont adhéré et ont accepté d'implanter le distributeur.» Bien situé sur une commune d'environ 10 000 habitants, le distributeur fait parler de lui dans les médias locaux et rencontre un vif succès. L'effet de nouveauté retombé, la clientèle se fidélise.

«Nous avons alors décidé d'en installer un deuxième en mars 2009, puis un troisième deux mois plus tard, toujours aux alentours d'Annecy.» Les distributeurs sont équipés de deux mini-tanks. Pour chacune des machines, Sylvain vient chaque jour remplacer la réserve en place par la seconde, nettoyée et remplie. «Avec les trois distributeurs, nous valorisons 200 litres par jour.» A 1€ le litre, cette quantité permet d'amortir l'investissement – 30000€ par machine – mais ne permet pas de valoriser le travail supplémentaire engendré. Les associés espèrent donc augmenter le litrage valorisé en communiquant davantage.

Soutien des collectivités locales

Ainsi se pose la question de la rentabilité de cette valorisation. Une interrogation demeure quant à l'importance et à la durée de l'effet « nouveauté ». Une question que se pose Raoul Junet, président des JA de la Loire. Installé non loin de Roanne, Il projette, lui aussi, d'installer un distributeur. «Je cherche un moyen de mieux valoriser mon lait. Le distributeur serait une solution moins contraignante que la transformation du lait en fromages. » Mais il s'interroge. « Pour amortir la machine sur cinq ans, il faut valoriser quotidiennement un minimum de 70 l. » Craignant un effet de mode trop important et un volume de croisière trop limité, Raoul compte beaucoup sur le soutien de la municipalité. « J'espère que la commune m'aidera à trouver le meilleur emplacement et, pourquoi pas, me soutiendra financièrement dans mon projet. Sans ce soutien, je ne suis pas sûr de franchir le pas. »

Source Ja Mag Novembre 2009

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