Le bel avenir des circuits courts : Information, Organisation

Dossier réalisé par Arnaud Carpon

Le bel avenir des circuits courts : Information, Organisation

Information, formation, installation et organisation

Le deuxième axe concerne la formation des agriculteurs. Le ministère souhaite adapter les programmes scolaires des lycées agricoles et mutualiser l'offre de formations initiales et continues entre les établissements. Le troisième, le plus important pour JA, regroupe quatre mesures destinées à favoriser l'installation des jeunes en circuits courts. Le ministère souhaite élaborer des référentiels technico-économiques spécifiques aux circuits courts, pour ensuite mieux évaluer la viabilité économique des projets. Il s'agit aussi d'intégrer la dimension « circuits courts » dans le PPP (plan personnalisé de professionnalisation) par la désignation de spécialistes. Outre une meilleure information des porteurs de projets sur les dispositifs d'accompagnement, notamment financiers, cet axe vise à résoudre l'épineuse question de l'accès au foncier, avec pour ambition de poursuivre la mise en place de chartes départementales de maîtrise du foncier agricole. La mesure prévoit aussi de sensibiliser les collectivités territoriales sur les dispositifs existants de protection, tels que les zones agricoles protégées (Zap), les périmètres de protection des espaces agricoles et naturels péri-urbains (PAEN) et les schémas de cohérence territoriale (ScoT). Le quatrième axe, aussi ambitieux que les autres, a pour but de mieux organiser les circuits courts : mise en place d'une charte pour garantir l'authenticité, développement du conseil, déclinaison des mesures au niveau régional, sensibilisation des collectivités territoriales.

Faire tourner le moteur

Résultant d'un travail conjoint entre le ministère et les organisations professionnelles, le plan Barnier concrétise une ambition politique inédite et constitue un moteur pour développer les circuits courts. Jamais ces derniers n'avaient fait l'objet d'une telle attention de la part des pouvoirs publics. Mais les difficultés de mise en oeuvre s'annoncent nombreuses. Notamment, arrivera-t-on à limiter l'inégalité entre départements concernant la présence de conseillers spécialisés des circuits courts ? Quid de l'amélioration de l'accès au foncier pour les candidats à l'installation en circuits courts quand celle-ci est déjà compliquée à mettre en oeuvre pour les schémas plus traditionnels d'installation ? Quid du temps nécessaire à la mise en place de référentiels technico-économiques et à leur utilisation concrète sur le terrain ? Sans oublier la conjoncture économique de cette année 2009 qui a visiblement – et espérons-le provisoirement – écarté le dossier des priorités. Les ambitions calendaires s'en trouvent ébranlées. La déclinaison des mesures à l'échelon régional, prévue avant fin 2009, sera vraisemblablement décalée de quelques mois. Dans un contexte conjoncturel délicat, le plan Barnier est un moteur qu'il reste à faire tourner. «La volonté politique désormais exprimée doit s'accompagner d'une gouvernance cohérente, résume Sophie Dubuisson-Quellier. Et au-delà de cette volonté, les agriculteurs sont aussi dans l'attente d'un soutien économique.» Ce soutien devra permettre de multiplier encore les initiatives pour que les circuits courts répondent à la demande des consommateurs. Selon la spécialiste, celle-ci « s'auto-alimente ». De quoi offrir – ce n'est pas un luxe – des perspectives durables aux agriculteurs, en contribuant à la pérennisation de nombreuses exploitations et à l'installation de jeunes.

Source Ja Mag Novembre 2009

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