Le bio résiste plutôt bien à la crise

R. Saint-André

Géraud Dumas, président de Bio 15, et Vincent Vigier, animateur de l’association départementale. 
Géraud Dumas, président de Bio 15, et Vincent Vigier, animateur de l’association départementale. 

L’association qui regroupe plus de 75 % des producteurs du Cantal engagés dans une démarche d’agriculture biologique a tenu son assemblée. 

Sur les 130 agriculteurs qui ont fait le choix du bio dans le Cantal, une centaine adhère à Bio 15, qui regroupe tous les types de productions. Après un engouement sur la production laitière en 2009 et 2010, quelques-uns ont encore été séduits plus tardivement par la collecte Biolait en Châtaigneraie. “Tandis que 2012 sera une année blanche”, a signalé Vincent Vigier, animateur de l’asso­ciation, lors de l’assemblée générale mardi 18 décembre à Laveissière. Les 38 producteurs engagés livrent en moyenne 210 000 litres valorisés 410 € les 1 000 litres. En viande bio, 54 producteurs enregistrent en moyenne une plus-value de l’ordre de + 15 %. Ils ont pour partenaires huit collecteurs et cinq transformateurs qui créent un peu d’émulation. Alors que globalement la consommation de viande tend à reculer, le bio continue - même modestement - de progresser en termes de ventes. Les adhérents de Bio 15 sont une cinquantaine à pratiquer la vente directe : 20 en viande bovine, porcine et ovine ; sept assurent de la transformation laitière ; 23 sont dans des productions diversifiée dont huit maraîchers (et un des trois producteurs de fraises bio de France), un producteur de bière, un autre d’escargots, des cultivateurs de plantes aromatiques, etc. La filière céréales, pour fournir le boulanger de Marcolès, poursuit elle son développement. Ce pain est notamment distribué par la Sodexo qui livre les cantines aurillacoises. Une société qui référence également les yaourts bio d’Olivier Piganiol (Mourjou), pour ne citer qu’eux.

Tassement des conversions

Loin des 120 demandes d’information formulées en 2009, l’association que préside Géraud Dumas (Saint-Étienne-de-Chomeil) en a enregistrées 32 en 2012, dont une dizaine ont franchi le pas dès cette année. Ce tassement des vocations est conforme aux besoins des filières. Lozère viande confirme ainsi l’intérêt de la boucherie traditionnelle pour de la viande certifiée, dans un contexte général de baisse des abattages. Si le représentant de cette société confirme une intéressante plus-value, il précise que “ce n’est pas la consommation qui tire les prix vers le haut, mais la pénurie de marchandise”. Lozère viande s’avoue donc toujours demandeur.  En lait la coopérative 3A a mis en place une tournée qui collecte 3,5 millions de litres chez 19 producteurs. Les 1 000 litres sont payés 405 euros, auxquels, pour une grande majorité, s’ajoute la prime AOP. La fabrication des 40 tonnes de cantal bio élaborés tous les ans à Saint-Mamet sera prochainement sous-traitée à un autre opérateur, informe le représentant de 3A. Prudente la coopérative ne prend pas de volumes supplémentaires et arrête même d’acheter du lait à Biolait sur la Châtaigneraie, “sans remettre en cause les accords de collecte de l’autre côté du tunnel”...  À noter que si la diversité des productions biologiques est une force pour peser, la représentation régionale fait toujours débat, tant les éleveurs du Cantal se sentent loin des maraîchers de la ceinture clermontoise... Il leur est promis que la nouvelle organisation régionale continuera à faire la part belle aux départements. Dans la salle, ceux qui croient en l’émulation n’hésitent pas à comparer les échelons départementaux et celui de la région à la mise en place des communautés de communes : “Ceux qui ont des projets seront servis”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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