Le Cantal affiche une bonne productivité mellifère

Renaud Saint-André

Cette année, la récolte fut mauvaise pour tous, mais bien moins pire dans le département que la moyenne nationale.

Les apiculteurs cantaliens sont avant tout des passionnés. Toujours aussi nombreux, la plupart sont des amateurs éclairés qui côtoient quelques professionnels. Un syndicat départemental les regroupent tous. Il a tenu samedi 13 avril son assemblée générale, sous la présidence de Christian Carrier. Et si 2012 fut une année particulièrement mauvaise pour la production de miel, finalement, le Cantal ne s’en sort pas si mal... “Au niveau national, les résultats sont catastrophiques, 5 kilos par ruche, parfois moins ; tandis qu’on estime la production à 15 kilos dans le département. Dans une saison particulièrement humide, notre région a profité d’une éclaircie avec des miellées qui se sont faites entre fin juin et début juillet”, explique Christian Carrier.

L’offre ne suit pas la demande

Pas de quoi cependant combler le déficit : 15 000 tonnes produites dans l’Hexagone, alors que la consommation en réclame 40 000... En conséquence, on peut s’attendre à une hausse des prix. D’autant que la France importe moins de miel. La Chine, par exemple, préfère désormais consacrer sa production à sa propre consommation. “Les apiculteurs peuvent également s’attendre à une hausse de prix des colonies”, prédit le président départemental qui constate qu’en dix ans, le coût de cet investissement a triplé. Outre cet aspect économique, l’assemblée générale annuelle est aussi l’occasion de faire le point sur un volet sanitaire, particulièrement attendu. Le Cantal fait partie des six départements de France visités par le réseau de veille épidémiologique, sous l’égide de la DDCSPP(1). À ce titre, 60 ruchers cantaliens ont été auscultés ; les premières visites ont eu lieu à l’automne dernier. Christian Carrier faisait partie de cette délégation, en qualité d’expert. Il est donc au fait des résultats et en tire les premiers enseignements.  “J’ai observé que ceux qui traitent le parasite du varroa avec des médicaments autorisés enregistrent des résultats car l’efficacité est bonne. Il y a une nette différence avec ceux qui ont choisi une autre molécule à l’efficacité moindre. Enfin, il y a ceux qui ne traitent pas du tout. Dans ce cas, le taux d’infestation est très élevé”, avoue le président du syndicat en donnant des chiffres parlants : jusqu’à 50 varroas par colonie, le taux est acceptable. Sans traitement, certains sont à 1 000 et plus ! Or, présent depuis le début des années 80, ce petit acarien affaiblit les colonies, ce qui revient à laisser une porte ouverte à toutes formes de maladies et de virus. Si le taux de perte semble stabilisé entre 5 % et 10 %, ce qui reste convenable, il a atteint l’an dernier 30 % à 50 %. C’est dire l’importance de rester vigilant. D’autant que s’ajoute le phénomène du frelon asiatique, présent dans le Cantal depuis 2008.

Le frelon asiatique... toujours

“Un insecte omnivore reconnaissable à ses pattes jaunes qui se nourrit notamment de fruits et... de larves”, comme l’a rappelé lors de la réunion des apiculteurs, Ludovic Joachin de Valette, qui s’est fait du frelon asiatique une spécialité. Il précise que des premières réunions préparatoires à la rédaction d’un arrêté interministériel (prévu pour 2014) ont déjà eu lieu. Ce texte aura pour objet de “définir et organiser la surveillance, la prévention et la lutte permettant de limiter l’impact du frelon asiatique sur les colonies d’abeilles domestiques”. Son éradication se déroule en deux temps : une phase au printemps en piégeant la femelle et, en fin d’été, devant les ruches pour les frelons adultes. Quant à la destruction des nids, elle s’opère par les pompiers (Sdis) s’ils sont situés sur la voie publique et notamment à proximité d’édifices ouverts au public. Le simple particulier devra lui composer avec le “système D”, admet Ludovic Joachin.  (1) Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations du Cantal.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 1

gigi45

tiens un article sur les abeilles qui ne parle pas de pesticides

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier