Le Cantal prendra-t-il le train du lait bio déjà sur les rails ?

R. Saint-André

Pour répondre en volume à la demande de lait bio, il est temps de densifier les collectes en s'organisant en filières.

Le Cantal prend du retard. Dans le domaine de la production de lait bio, le constat est criant. À l'heure où Biolait est on ne peut plus optimiste quant au développement national de ce marché, les réunions d'informations organisées sur le territoire du Cantal par Bio 15, la Chambre d'agriculture et des partenaires collecteurs de lait n'ont pas attiré la foule. Pourtant, les chiffres révélés par Vincent Vigier sont parlants : la consommation de lait issu de l'agriculture est en progression de 20 % par an. Le lait est valorisé à hauteur de 430 e/1 000 l. Et même si l'on produit moins qu'en conventionnel, l'éleveur laitier converti en bio verra son revenu augmenté, avec un EBE en progression de 15 à 16 %... Or actuellement, seuls 35 producteurs dans le Cantal se sont lancés dans le lait bio (quatre millions de litres certifiés et deux millions en cours conversion). Suffisamment néanmoins pour que commencent à s'organiser les premières collectes différenciées dans le département : Biolait dans le Cézallier (livré à la coop de Planèze), Volcalis dans le secteur Reilhac-Xaintrie (pour la fromagerie Duroux) ; 3A à Saint-Flour (pour son propre compte) ; un projet voit le jour en Châtaigneraie (conduit par Biolait). C'est d'ailleurs dans ce secteur du sud Cantal que s'est achevée la série de réunions d'informations consacrées à la filière du lait bio. Jean-Marie Poilvet, technicien développement chez Biolait, et Marie Couval, administratrice et productrice de lait dans l'Allier, ont eu à coeur de démontrer les intérêts de s'engager dans une telle démarche. Un discours qu'ont notamment suivi des représentants du GIE Châtaigneraie, venus chercher des pistes de valorisation du prix du lait, complémentaires de l'AOP.

Visite de fermes laitières biologiques en Aveyron

Biolait s'attend à une véritable explosion de volume dans les années à venir. Actuellement, la structure gère 42 millions de litres et pense en collecter 90 millions à l'horizon 2013. Sa philosophie demeure que tout producteur bio puisse être collecté et que le lait puisse être transformé au plus près des producteurs. “L'idée n'est pas de voler le lait des Cantaliens”, sourit Jean-Marie Poilvet. “Mais le bio n'échappe pas aux règles de l'économie et réclame des
engagements collectifs”, relève Vincent Vigier. Dans ces perspectives, quid du Cantal ? Seize éleveurs et techniciens ont participé au voyage d'étude en Aveyron, vendredi 5 novembre (avec une mention spéciale pour les trois éleveurs du nord Cantal et leur conseillère agricole qui avaient fait le déplacement). Le matin, visite à l'EARL du Griffoulas, M. et Mme Rigal ont expliqué qu'ils avaient choisi le bio depuis douze ans. Leurs 37 vaches prim'holstein ont produit 240 000 l, collectés par Sodiaal (6 500 l/VL). Elles sont nourries grâce aux qautre hectares de maïs ensilés. L'éleveur a compté 96 grammes de concentré distribué par litre de lait produit. Il y a deux ans, son prix du lait était déjà de 401 /1 000 l, soit un EBE de 258 e /1000 l de lait. L'après-midi, au Gaec du Marigot de Najac, les trois associés sont revenus sur le choix de leur engagement, il y a 16 ans. Leur quota est de 270 000 litres, mais ils ne livrent que 220 000 litres, collectés par Biolait. Le troupeau est constitué de 40 vaches montbéliardes qui produisent 5 000 litres en moyenne d'un lait valorisé à 430 €/1000 l en 2008. Le Gaec a opté pour un système tout foin, production de tourteau gras fermier de colza, vente d'huile de colza en consommation humaine, châtaignes et jus de pommes, découpe et vente directe des vaches de réforme, accueil à la ferme...
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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