Le cheptel de la ferme Cantal est plutôt en bonne santé

Renaud Saint-André

La FCO est encore dans tous les esprits. Cette crise sanitaire est pourtant derrière nous, grâce à la campagne de vaccination, comme l'ont rappelé le GDS et la DSV.

À l'heure où la sécurité alimentaire est une préoccupation majeure, le GDS est le premier maillon de la chaîne de traçabilité. L'assemblée générale du Groupement de défense sanitaire est l'occasion de faire un point complet sur la présence ou non de pathologies dans les troupeaux de la ferme Cantal et de rappeler les consignes relatives à la prévention des maladies. Mardi, les éleveurs sont venus nombreux à Saint-Martin-Valmeroux pour ce bilan annuel. C'est toujours la fièvre catarrhale qui semble inquiéter le plus les éleveurs. Pourtant, seulement douze foyers étaient déclarés en 2009 dans le département (contre 919 un an plus tôt). La vaccination de masse a contribué à ce bon résultat. “En 2010, la vaccination des sérotypes 1 et 8 reste obligatoire et financée par l'État si elle est réalisée avant le 30 juin”, rappelle Serge Chambon, rapporteur des actions sanitaires du GDS 15.

Vaccination salvatrice

Efficace donc - le département a compté jusqu'à 1 000 foyers détectés - et avec finalement peu d'effets secondaires, semble-t-il. Après vaccination, seulement 30 éleveurs ont signalé à la Direction des services vétérinaires des événements sanitaires qui ont touché 148 animaux (dont 22 morts onze euthanasiés et onze avortements). à rapprocher des 500 000 animaux vaccinés, comme le fait remarquer le docteur Christian Salabert. De fait, onze ont été indemnisés, puisque les problèmes ont été signalés 24 heures après vaccination et que la cause était clairement établie. Sur la période 2008-2009, le Cantal enregistre une quatrième campagne sans foyer de tuberculose, alors que la maladie pose problème en Dordogne ou en Côte-d'Or. Mieux, onzième campagne sans foyer de brucellose détecté. Le GDS rappelle cependant qu'il est obligatoire de signaler les avortements. D'autant qu'ils peuvent évidemment être liés à une toute autre pathologie. Bon résultat toujours avec la leucose bovine enzootique, maladie dont le rythme de contrôle reste quinquennal : sur les 981 cheptels contrôlés, aucun n'a été dépisté infecté. Pour assurer les troupeaux cantaliens du maintien de l'appellation “cheptel assaini en varron”, des analyses sérologiques restent programmées de manière aléatoire. Dans ce cadre, un seul animal a été détecté séropositif sur 336 cheptels contrôlés. Et encore, sans doute du fait d'anticorps persistants, car l'animal est aujourd'hui âgé de plus de 20 ans !

Le point sanitaire

“Concernant l'IBR, nous en sommes à la quatrième campagne de prophylaxie pour laquelle le dépistage est obligatoire”, souligne le rapporteur. Il précise qu'une baisse significative de 13 % en un an est enregistrée : sur 216 000 bovins analysés, seulement 1,8 % a obtenu un résultat positif (soit 26 671 bovins, plutôt vieillissants). Ce qui traduit bien l'accélération de l'assainissement des cheptels. Et puis... il y a le BVD. Relativement répandu dans notre département et qui provoque des troubles sanitaires importants à l'origine de pertes économiques conséquentes. Le GDS s'investit dans la lutte collective en poursuivant des actions telles que le dépistage des Ipi chez les jeunes animaux ou le plan d'analyses sérologiques du lait. “Nous avons élargi le spectre des actions proposant un plan d'analyses sérologiques par mélange de 20 sérums sur les animaux de deux et trois ans prélevés dans le cadre de la prophylaxie, permettant de détecter précocement une circulation virale”, a rappelé le président, Michel Combes, non sans préciser que cette nouvelle action est financée à 100 % par le GDS et le Conseil général. Concernant l'action de dépistage des Ipi, proposée depuis trois ans, sur 426 éleveurs qui ont pu bénéficier de l'aide, 58 ont détecté des bovins porteurs du virus. En 2009, 45 plans d'assainissement étaient soldés et 43 initiés. En 2010, déjà 58 sont en place. “La complémentarité des protocoles va dans l'intérêt de tous, car le BVD provoque des dégâts sanitaires importants dans les troupeaux”, insiste le GDS 15. Le tour des maladies des bovins se conclut par un point sur la paratuberculose. Depuis trois ans, le dépistage est pris en charge à hauteur de 25 % : 137 élevages en ont profité. D'autre part, 31 éleveurs bénéficient d'une garantie de cheptel en matière de paratuberculose (notamment élevage limousin).

 

Pas de brucellose chez les ovins et caprins

Sur le reste de la ferme Cantal, pas de brucellose chez les ovins et caprins, seulement un cas de tremblante dépisté dans un élevage de brebis. Dans les élevages de porcs, les prophylaxies de la maladie d'Aujeszky et du SDRP n'ont mis en évidence aucun cas. Cependant, sur cette dernière pathologie, une recherche systématique est effectuée sur les cheptels naisseurs et naisseurs-engraisseurs. Le GDS poursuit le financement de cette prophylaxie à hauteur de 100 %. Enfin, chez les apiculteurs, on a enregistré une meilleure récolte en 2009 qu'en 2008 et moins de mortalité hivernale. Hélas, le fameux frelon asiatique est bien installé dans le Cantal.

Source L'Union du Cantal

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