Le chien, un allier précieux de l'éleveur

P. OLIVIERI

Témoignage de Paul Hibert, qui jugera le concours interrégional de chien de troupeau à Labesserette.

Au même titre que la finale départementale de labour, c'est devenu un événement incontournable de l'été agricole cantalien : les 23 et 24 juillet, l'Acuct, traduisez l'Association cantalienne des utilisateurs des chiens de troupeau, en partenariat avec les Jeunes agriculteurs, organise à Chausy à Labesserette deux jours de concours (sur bovins) destinés avant tout à mettre en valeur les différents intérêts et qualités du chien de troupeau dans un élevage et à en promouvoir la sélection. Mais pour Paul Hibert, 53 ans, qui jugera le concours, c'est aussi l'occasion de pouvoir se comparer avec les autres couples éleveur-chien, de “voir où on en est et quand on a un peu d'ambition, cela permet de progresser”. Éleveur en race aubrac (100 mères) du côté de Saint-Côme d'Olt avec un parcellaire dispersé et peu de voisins, Paul Hibert s'est “mis au chien de troupeau” en 1999, “par obligation” : “Je n'arrivais plus à gérer mon troupeau seul du fait du manque de main d'oeuvre auquel s'ajoutait une hernie discale”, explique celui qui fera ses premiers pas avec Pat. “Le chien, c'est l'anti-stress de l'éleveur, maintenant quand je déplace mes animaux, j'y vais les mains dans les poches”, témoigne l'Aveyronnais.

Perdre un peu de temps pour en gagner beaucoup

C'est avec ce border collie qu'il suit son premier stage à la Chambre d'agriculture avec Jean-Michel Joly. Il en fera au total pas moins de six avec différents formateurs. “Pour se perfectionner, la méthode est toujours la même, mais l'explication varie d'une personne à l'autre, assure celui qui est devenu moniteur canin ASCC (Agent de sécurité conducteur de chien). Quand on suit une formation, on ne retient que 20 % et comme je n'étais pas particulièrement doué, c'est en persévérant et avec les conseils d'un copain que j'arrive aujourd'hui à me débrouiller.” Et l'éleveur aveyronnais fait plus que se débrouiller puisqu'il a été sacré champion de France interraces l'an dernier avec Black. Il est aussi passé de l'autre côté de la barrière puisque c'est lui qui anime des sessions de sensibilisation à l'utilisation du chien organisées par la chambre d'agriculture de l'Aveyron. “J'essaie de leur expliquer qu'il faut savoir perdre un peu de temps à éduquer son chien pour en gagner beaucoup ensuite sur l'exploitation”, souligne ce convaincu, qui a décidé d'arrêter les concours pour se consacrer à une autre passion : en devenir juge. Après le concours cantalien, c'est lui qui officiera à la finale nationale en Bretagne. Une mission qui suppose d'avoir déjà participé à une finale de championnat de France, mais aussi de bien connaître le comportement du chien, des animaux, “d'avoir l'expérience du terrain”, expose-t-il. Il faut avoir passé du temps avec son chien et vu beaucoup de gens travailler avec le leur”. Les concours comportent plusieurs épreuves, avec une progression le long d'un parcours jalonné d'obstacles. “On évalue bien sûr le comportement du chien face à ces obstacles mais on tient compte aussi de celui des bovins, on a parfois à faire à des génisses pas commodes”, poursuit Paul Hibert qui a monté un petit élevage de chiens en parallèle de son exploitation.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Source L'Union du Cantal

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