Le Comité de défense du Beaujolais : Symbole de l'identité française »

Un Comité de défense du Beaujolais a été créé à Fleurie (Rhône) à l'initiative de deux journalistes, Bernard Pivot, membre de l'Académie Goncourt, et Périco Légasse, chroniqueur gastronomique à Marianne, qui y voit un « symbole de l'identité française ».

Le Comité, composé de dix membres dont ses deux initiateurs, s'est réuni pour la première fois à l'auberge du Cep et a décerné deux prix, l'un pour le Beaujolais nouveau Lauron et fils, de Xavier Barbet, l'autre pour le Beaujolais-villages nouveau Château d'Emeringes, de Pierre David, 2009 étant considéré par les professionnels comme une année exceptionnelle.

Pendant près de deux heures, les dix jurés ont goûté, avec toute la panoplie des taste-vin (verres à vin, verres à eau, crachoirs et pain), dix beaujolais et dix beaujolais-villages, sélectionnés sur un premier tri venus de chez 280 producteurs, avec comme critères la robe, le nez, la bouche et l'harmonie.

« Après le premier verre, il faut être prudent », ironisait Bernard Pivot, pensant aux 19 autres vins à goûter. « On est quand même sur la terre des Bituriges (tribu gauloise), d'où le mot biture », concluait Périco Légasse après la dernière dégustation. Plus sérieusement, ajoutait-t-il plus tard, « ce comité veut dénoncer le lynchage, dont le beaujolais, vin du peuple, vin des ouvriers, vin festif, est victime alors qu'il est un symbole de l'identité française.

Ici, les viticulteurs ont l'impression d'être abandonnés par le marché, par l'opinion publique, par certains journalistes... A Paris, il est de bon ton de dire que le beaujolais ne vaut rien, alors que c'est un grand vin de France« .
Après cette première édition, le Comité de défense du Beaujolais se réunira chaque année pour récompenser les meilleurs beaujolais et beaujolais-villages nouveaux, et devrait s'adjoindre l'an prochain la voix d'un restaurateur britannique et, peut-être, d'un expert japonais.

Le vignoble du Beaujolais, qui compte environ 3.000 exploitations, se compose des appellations »beaujolais« et »beaujolais-villages« , vendus pour leur majorité en vins primeurs, et de dix crus: brouilly, chénas, chiroubles, côtes-de-brouilly, fleurie, juliénas, morgon, moulin à vent, régnié et saint-amour.

Source AFP

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Commentaires 1

fada67

Ma foi, cette hostilité critique de certains "pseudo-experts" ne concerne pas seulement le Beaujolais. Alsacien de naissance et de coeur, fils d'un "minuscule" exploitant viticole et agricole, je côtoie la vigne et les vins au quotidien. Que de tords infligés aux honnêtes producteurs de vins, certes il y a partout de mauvais coucheurs, mais à mon avis, il ne faut pas se faire une opinion sur un vin (ou tout autre denrée alimentaire) sans y avoir goûté. Moi-même ne suis un "fan" des vins "liquoreux", mais je ne dénigre pour autant le travail de ceux qui produisent les "Sauternes" ou autres "Vendanges Tardives" en passant par les "Sélections de Grains Nobles".
On a le droit d'aimer un Beaujolais Primeur tout comme un modeste Aligoté ou un banal Sylvaner. Il ne faut pas se faire violence gustative pour la seule raison qu'un virtuose de quelque revue vinique encense "Untel" pour dénigrer et massacrer "Un Autre Tel".
Françaises et Français, faites confiance à vos propres sens, considérez l'avis des "spécialistes" avec autant de modération que vous consommez le vin.

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